mardi 4 novembre 2025

Les mains Dans Le Progressif

Un Génial Incontournable :

En 1973, Le Orme, le groupe de Venise poursuit sa commande de dix albums par Phillips.


 

Ils conçoivent un album concept qui parle de deux planètes contrastées et opposées, Felona la lumineuse et Sorona l'obscure. Mais au fil de l'album, comme dans un dialogue où l'un puise l'énergie de l'autre, les rôles s'inversent jusqu'au chaos terminal. 


Ce très court album (trente minutes environ)  est d'une beauté invasive et on se laisse bercé par la suite des morceaux fondus, enchaînés parfaitement , sans heurts ni fautes de goût.  

Un disque majeur de l'histoire du rock progressif italien.

"Sospesi Nell Incredibile" est le seul long morceau, placé en ouverture, dominé par les claviers symphoniques ouvrant sur le chant émouvant et mélancolique d'Aldo Tagliapietra emporté par les variations de la géniale batterie de Dei Rossi et les digressions du synthé dans une aura presque funk, un morceau grandiose sans être grandiloquent. On n'entend pas le temps passer.

"Felona" est une courte transition tout en contraste baroque et folk, avec sa guitare acoustique et son accordéon, qui donne un contrepoint joyeux. 

"La Solitudine Di Chi Protegge Il Mondo"  s'enchaîne dans le même style baroque (a la Jethro Tull) avec une voix lointaine et étouffée bien que claire surfant sur les vagues du piano, le soleil est là, une bercée onirique.

"L'Equilibrio" porte des adorables sonorités étranges spatiales toutes en contraste avec le morceau précédent, un tourbillon avec un somptueux travail à l'orgue. et une progression organique du chant à la Supertramp 

"Sorona" retombe dans une complainte mélancolique parfaite avec ce parfait contraste entre le chant et l'orchestration

"Attesa Inerte", quelle introduction basse - orgue et cette vague de synthé, le rock progressif a son apogée mélancolique.

"Ritratto Di Un Mattino", l'ombre et la lumière s'affrontent et fusionnent dans un lyrisme total

"All'influori Del Tempo" est un interlude plaintif aux relents baroques.

"Ritorno Al Nulla"  est le morceau instrumental de clôture, magnifique, avec comme des influences slaves dans la partie initiale, majestueux.

Bref un superbe album qui s'écoute d'une traite signant sa belle homogénéité, et son envie d'y retourner. 

 


Le groupe reste le même :

  • Aldo Tagliapietra : basse, guitare et chant
  • Antonio Pagliuca : claviers
  • Michi Dei Rossi : batterie et percussions 

 

Un beau succès en Italie puis en Europe, rien à envier à la comparaison avec les grands albums du rock progressif britannique.

 


Une adaptation anglaise sera réalisée par Peter Hammil (Van Der Graaf Generator) pour Charisma Records, chantée en Anglais, avec un résultat jugé par Peter lui même comme médiocre, en tout cas moins bon que la version Italienne ici présentée.

Le Orme : Felona E Sonora / 1973



  1. Sospesi Nell'Incredibile
  2. Felona
  3. La Solitudine Di Chi Protegge Il Mondo
  4. L' Equilibrio
  5. Sorona
  6. Attesa Inerte
  7. Rittrato Di Un Mattino
  8. All'Infuori Del Tempo
  9. Ritorno Al Nulla

 

Un petit lien ?

Sorgual 

 

5 commentaires:

  1. Juste magnifique, quand on a ce gout - que je recherchai en me réfugiant chez FROST - pour cette époque ambitieuse de travaux musicaux, il faut se pencher sur cet album (et ton précédent papier) Et merci pour le titre à titre.... (Peter Hamill!! me donne envie de faire un papier sur un de leur meilleur disque) NB: version anglaise? C'est pour cela que j'ai un album (MP3) en 2 CD, je suis le conseil et n'écoute que la version Italienne.

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  2. Vraiment un bon groupe à cette époque, encore un disque étonnant à venir derrière ...

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  3. J'ai écouté attentivement, je ne connaissais pas du tout ce groupe.
    Passionnant ce mix typique de cette époque où, selon les moments tu te retrouves avec un brin de Genesis, un soupçon de Ange, une bribe d'ELP...
    Un peu comme Triumvirat parfois.
    Pas très Yes, cependant, pour ça je me tourne vers Starcastle... eux aussi juste la porte d'à côté...

    La prod ici, pour l'époque est remarquable, y'a des moyens et du matos (les claviers sont du "dernier cri" et du coup des textures orchestre claviers vraiment super bien gérées).
    Basse et Batterie là encore typiquement dans le coup de cette mouvance prog' que je ne sais ni peux renier.
    Comme un flashback, cette sensation d'avoir loupé un truc alors que t'étais bercé justement de ce truc... (In Between, tellement Emersonien avec ce côté obscur de Ange) - bref, une sacrée découverte qui me plonge dans un passé où j'ai l'impression de redécouvrir, de m'être gourré de correspondance et d'avoir loupé cette destination.
    merci.
    Passionnant.
    J'attends donc avec curiosité la suite...

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