Affichage des articles dont le libellé est Le Orme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Le Orme. Afficher tous les articles

samedi 15 novembre 2025

Etrangement non identifié

Objet musical non identifié ?

Tout est dans le titre, Le Orme voulait "autre chose" et "autrement"  : Contrappunti

Au sortir de la glorification de ses deux ou trois derniers albums de rock progressif (voir mes deux posts précédents sur le groupe), en 1974 le trio Vénitien prend ses fans à contrepied dans la foulée de la sortie de leur album Live.


.

On entre ici dans de la musique savante, mélange de baroque, de folie des claviers parfois classique et parfois digne d'Emerson Lake & Palmer, des ruptures de rythme, des ambiances sonores parfois dissonantes , et toujours cette voix particulière.

Voilà un disque qui demande de l'écoute, des écoutes ... 

 

Le groupe est inchangé :

  • Aldo Tagliapietra : guitare, basse, voix
  • Toni Pagliuca : claviers
  • Michi Dei Rossi : batterie et percussions 

avec en invité au piano : Gian Pietro Reverberi (qui est aussi le producteur de l'album)

 


Quel album ! 

  • "Contrappunti" est un instrumental avec un impressionnant duel de claviers entre orgue et piano qui prend avec les percussions un aspect de marche qui décolle brusquement vers un orgue-asthme explosif soutenu par la batterie puis l'apaisement onirique, la reprise d'une folle complexité, pas assez d'oreilles pour tout assimiler ...
  • "Frutto Acerbo" est une reposante ballade qui mets en avant la voix de Tagliapietra tenue par les arpèges du piano et de la guitare sèche.
  • "Aliante" est un morceau de transition, étrange voyage cosmique très inspiré de Krautrock.
  • "India" est un réel morceau de rock progressif, spatial, aux sonorités étranges, portées par la voix très terrienne qui tranche sur le fond sonore.
  • "La Fabbricante D' Angeli" est un morceau complexe, symphonique, lyrique avec ce magique piano, et le contraste des percussions.
  • "Notturno" est presque classique, une étude pour piano et orchestre.
  • "Maggio" est un peu la synthèse de tous les morceaux précédents, avec des envolées et des ruptures d'où les claviers Emersoniens dominent, mais aussi parfois des dissonances pas toujours opportunes qui apparaissent aujourd'hui un peu datées.

Ce disque déroutant est  considéré par certains comme le meilleur du groupe, par d'autres comme le début de la fin et certainement pas comme du rock progressif !

Difficile en fait de trancher. Pour moi, cela reste du rock progressif trempé dans un chaudron de classique symphonique et assaisonné d'expérimental.

Je suis curieux de savoir ce que pourrait en penser Pascal en tant que musicien claviériste et percussionniste, un album centré principalement sur ces deux axes. 

Le Orme : Contrappunti / 1974


  1. Contrappunti
  2. Frutto Acerbo
  3. Aliante
  4. India
  5. La Fabriccante D' Angeli
  6. Notturno
  7. Maggio

 

Un petit lien ?

Sorgual 

mardi 4 novembre 2025

Les mains Dans Le Progressif

Un Génial Incontournable :

En 1973, Le Orme, le groupe de Venise poursuit sa commande de dix albums par Phillips.


 

Ils conçoivent un album concept qui parle de deux planètes contrastées et opposées, Felona la lumineuse et Sorona l'obscure. Mais au fil de l'album, comme dans un dialogue où l'un puise l'énergie de l'autre, les rôles s'inversent jusqu'au chaos terminal. 


Ce très court album (trente minutes environ)  est d'une beauté invasive et on se laisse bercé par la suite des morceaux fondus, enchaînés parfaitement , sans heurts ni fautes de goût.  

Un disque majeur de l'histoire du rock progressif italien.

"Sospesi Nell Incredibile" est le seul long morceau, placé en ouverture, dominé par les claviers symphoniques ouvrant sur le chant émouvant et mélancolique d'Aldo Tagliapietra emporté par les variations de la géniale batterie de Dei Rossi et les digressions du synthé dans une aura presque funk, un morceau grandiose sans être grandiloquent. On n'entend pas le temps passer.

"Felona" est une courte transition tout en contraste baroque et folk, avec sa guitare acoustique et son accordéon, qui donne un contrepoint joyeux. 

"La Solitudine Di Chi Protegge Il Mondo"  s'enchaîne dans le même style baroque (a la Jethro Tull) avec une voix lointaine et étouffée bien que claire surfant sur les vagues du piano, le soleil est là, une bercée onirique.

"L'Equilibrio" porte des adorables sonorités étranges spatiales toutes en contraste avec le morceau précédent, un tourbillon avec un somptueux travail à l'orgue. et une progression organique du chant à la Supertramp 

"Sorona" retombe dans une complainte mélancolique parfaite avec ce parfait contraste entre le chant et l'orchestration

"Attesa Inerte", quelle introduction basse - orgue et cette vague de synthé, le rock progressif a son apogée mélancolique.

"Ritratto Di Un Mattino", l'ombre et la lumière s'affrontent et fusionnent dans un lyrisme total

"All'influori Del Tempo" est un interlude plaintif aux relents baroques.

"Ritorno Al Nulla"  est le morceau instrumental de clôture, magnifique, avec comme des influences slaves dans la partie initiale, majestueux.

Bref un superbe album qui s'écoute d'une traite signant sa belle homogénéité, et son envie d'y retourner. 

 


Le groupe reste le même :

  • Aldo Tagliapietra : basse, guitare et chant
  • Antonio Pagliuca : claviers
  • Michi Dei Rossi : batterie et percussions 

 

Un beau succès en Italie puis en Europe, rien à envier à la comparaison avec les grands albums du rock progressif britannique.

 


Une adaptation anglaise sera réalisée par Peter Hammil (Van Der Graaf Generator) pour Charisma Records, chantée en Anglais, avec un résultat jugé par Peter lui même comme médiocre, en tout cas moins bon que la version Italienne ici présentée.

Le Orme : Felona E Sonora / 1973



  1. Sospesi Nell'Incredibile
  2. Felona
  3. La Solitudine Di Chi Protegge Il Mondo
  4. L' Equilibrio
  5. Sorona
  6. Attesa Inerte
  7. Rittrato Di Un Mattino
  8. All'Infuori Del Tempo
  9. Ritorno Al Nulla

 

Un petit lien ?

Sorgual 

 

lundi 27 octobre 2025

Progressivement avec les mains

Les précursseurs :

Le Orme est fondé à Venise en 1966 par  Aldo Tagliapietra (guitare et chant) Nino Smeraldi (guitare) Claudio Galieti (basse) et Marino Rebeschini (batterie)


Ce dernier partira rapidement pour une carrière militaire, dès la parution du premier single sorti en 1967 : "Fiori & Colori" remplacé par Michi Dei Rossi à la batterie.


Le Orme est un mot de patois Vénitien signifiant  "Verre de Vin".

Peu après le deuxième single en 1968 qui a un bon succès "Senti L' Estate Che Torna", il enregistrent le premier album.


Ils ont un registre rock psychédélique en cette fin de 1968, "Ad Gloriam", pas désagréable, mais pas transcendantal à part le bon morceau inaugural  "Ad Gloriam".

(On retrouve ce titre remixé par David Holmes dans la bande son de "Ocean Eleven"). 

 

 
 
 

Puis suit une compilation de titres beat de 67 encore plus anglophiles, de peu d'intérêt : "L' Aurora Delle Orme"sortie par leur ancienne maison de disque.


Et enfin les choses sérieuses commencent avec le troisième album de 1970.

Devenu trio (le bassiste est appelé à l'armée) , le groupe comprend :

  • Aldo Tagliapietra (guitare, basse  et chant)
  • Michi Dei Rossi (batterie et percussions) 
  • Tony Pagliuca (claviers)


Tony Pagliuca lui vient du sud de l' Italie, de Pescara. 

Ils chantent en Italien avec cette voix singulière et caractéristique d'Aldo et l'album est très marqué par le clavier qu'Aldo avait apprécié dans le travail de Keith Emerson croisé en Angleterre. 

Le groupe se cherche encore et on retrouve des traits psychédéliques ou jazzy, voire une reprise au clavecin de Scarlatti. Mais il y a déjà des percées étranges, bruitistes, et de longs morceaux en route vers le rock progressif.

Très agréable album. 

 

"Collage", enregistré à Milan, sort en 1971 avec une belle promotion car signé par Philips .

Popularisé par son passage à la RAI, l'album est directement un beau succès. 

Le Orme : Collage / 1971



  1. Collage
  2. Era Inverno
  3. Cemento Armato
  4. Squardo Verso Il Cielo 
  5. Evasione Totale
  6. Immagini
  7. Morte Di Un Fiore 

 

Après un peu de repos en Sardaigne, le trio qui diversifie l'intensité et la complexité ses claviers avec le Mellotron et un synthétiseur revient avec une pièce maîtresse.

"Uomo Di Pezza" sort en 1972 et enfonce un clou dans une mouvance rock progressif typé italien maintenant bien lancée et satellite des expérimentations anglaises et allemandes. 

Ils gardent la typicité italienne, romantique et feutrée, empreinte de racines classiques (comme cette délicieuse intro inspirée de Bach), où de folklore naïf, mais avec des flambées lyriques et inventives qui font penser à King Crimson.

Ce sera leur premier petit trésor qu'ils diffuseront en tournée, avec parfois des invités prestigieux comme Peter Hammil.  

A classer parmi les meilleurs grands disques du rock progressif Italien.

Et quelle pochette ! 

Le Orme : Uomo Di Pezza / 1972


 

  1. Una Dolcezza Nuova
  2. Gioco Di Bimba
  3. La Porta Chiusa
  4. Breve Immagine
  5. Figure Di Cartone
  6. Aspettando L' Alba
  7. Alienazione

 

Un gros lien ?


La suite de la discographie est très bonne, nous reparlerons bientôt de ce groupe. A suivre.

Sorgual