1971 : Mauvaise année sur les routes pour nos amis Suisses.
Jo Siffertse tue sur le circuit de Brand Hatch dans le retournement et l'incendie explosion de sa monoplace BRM. (Joseph Siffert né en 1936 a été le premier champion automobile suisse de renom).
Le groupe musical Spot stoppe son activité suite à un violent accident de leur minibus détruisant leur Combi Wolswagen de tournée.
Le groupe Spot, né à Genève est une curiosité Suisse, un seul album devenu mythique avec des prix élevés pour la première presse tirée à peu d'exemplaires et mal distribuée.
Le groupe est basé sur :
Pavlo Pendaki (claviers et voix)
John Woolloff (guitare et voix)
André Jungo (basse)
Philippe Dubugnon (batterie)
Ils feront un seul album signé par le label françaisEvasion, avec une gloire très confinée à la Suisse.
L'album très typé 70 oscille entre blues rock et rock progressif. Je ne connaissais qu'un morceau tiré d'une obscure compilation, jusqu'à le croiser en bonne qualité sur le site de Carlos : Musicology.
A noter deux reprises, "Jersey Thursday" de Donovan, et la "Danse du Sabre".
Pas grand chose comme informations complémentaires sur le net.
Une réédition sera effectuée en 2016 par un label allemand.
Prêt pour un petit voyage Ethno Musico Helvétique ?
Asaf Avidan est un personnage, une voix extraordinaire révélée à nous avec son groupe The Mojos par "The Reckoning" en 2008 qui lui ouvre une porte mondiale.
Il est né en 1980 à Jerusalem, vivant avec un sentiment d'urgence depuis son lymphome quand il avait 21 ans. Sa carrière commeneceen 2006 avec un Ep "Now That You Are Leaving" qui parle déjà de ses échecs amoureux.
Commençons par le dernier album, "Unfurl"son huitième en studio, quel choc !
Enregistré aux studios Miraval avec un orchestre de quarante musiciens, il explose ses codes nous entraînant dans un cabaret aux atmosphères variables offrant presque un spectacle cinématographique.
L'inspiration lui est venu alors qu'il avait été invité par Brad Pitt dans sa propriété, pour rompre son syndrome de la page blanche . C'est en regardant un film d'Hitchcock avec la musique si expressive de Bernard Hermann qu'il imagine cette ambiance symphonique et Lynchienne. Le collage de toutes ces ambiances prend alors forme
La performance vulnérable n'est pas que vocale, elle est orchestrale s'envolant dans une nouvelle pop baroque avec des raptus vers le Jazz Crooner et le Rap, on voyage entre Cabaret en Europe de L'est, Film Noir des années quarante et scène Hip Hop.
De vivre dans le Sud Ouest de la France, en pleine campagne près de Carcassonne, l'a apaisé lui donnant l'envie d'un album moins introspectif, moins sombre ; Unfurl évoquant à la fois la vulnérabilité et la libération, l'évolution, le développement à la fois vers l'intérieur et l'extérieur.
En fait il retrouve ses racines, lui qui n'a jamais étudié la musique et qui vient du cinéma et de l'animation. C'est grandiose et hypnotique.
Un disque charnu plein des tanins de la vie et de l'imaginaire.
Quel contraste avec sa veine intimiste.
Je venais juste d'écouter le délicieux dernier volet d' "In The Box" sorti en 2023, (le volume 3) avec souvent des reprises acoustiques qui sont meilleures que les morceaux originaux des albums studios ; emplis de sincérité et émotion, plus "naturels".
Asaf Avidan : Unfurl / 2025
I Don't Know When, I Don't Know How, I Don't Know Why
Tout le monde a été fasciné par cette chanson de Sinéad O' Connor sortie en 1990 sur l'album "I Do Want What I Haven't Got"
Prince a composé cette chanson quand il est au plus mal ( mort de sa mère d'un cancer, vient de rompre avec sa petite amie et voit sa proche et indispensable gouvernante Sandy Scipioni le quitter en raison de problèmes familiaux). Dans une maison en désordre, il crée les paroles en une heure.
Elle est retrouvée en Démo en 1984(remasterisée pour la Compilation "Originals" de 2019), puis utilisée avec son groupe "The Family" qui l'enregistre sur l'album éponyme en en 1985.
Elle passe assez inaperçue.
C'est le manager de Sinéad, Fachtna O' Kelly qui lui fait écouter la chanson. Elle est conquise et propose d'en faire une reprise.
Elle fait une démo a capella que l'on fait écouter à Chris Hill, son directeur de maison de disque, il pleure ... et Sinéad demande "C'est si mauvais que ça ?... et ils achètent les droits.
En 1990, l'enregistrement est décidé, Nelee Hooper qui finalise les arrangements, Sinéad bouclant le tout en une seule prise!
Succès immédiat, numéro 1, il y a déjà 36 ans !
Le clip dirigé par John Maybury tourne en boucle sur MTV, magique avec les émotions en gros plan sur son visage et les larmes de Sinéad qui sont facilitées par une pensée pour sa mère morte dans un accident de la route en 1985. On la voit aussi déambuler dans le Parc Saint Cloud à Paris.
En 1993, Prince réalise une version Live avec Rosie Gaines sur (The Hits/ The B Sides ) et proposera parfois le morceau en concert...
Les autres reprises sont assez peu contributives (Aretha Franklin, King Creosote, Chris Cornell, Madonna, Annie Lennox ... s'y cassent les cordes vocales sans émotion).
Néanmoins, j'ai retenu :
Incomparables Nothing Compares To You / Compilation 2026
Sinéad O' Connor / 1990
Prince / 1993
Jimmy Scott / 1999
Stéréophonics / 2003
Cat Power / 2026
Je n'en reviens toujours pas que Sinéad nous ait quitté en 2023 à 56 ans !
Il naît dans l'Alabama, dans The Shoals à Leighton en 1940.
Elevé par sa seule mère, son père étant mort quand il avait deux mois, il vit dans une famille pauvre qu'il aide en quittant tôt l'école, principalement saisonnier, puis est finalement engagé comme aide soignant au Colbert County Hospital de Sheffield.
Lui qui a appris en autodidacte à chanter le Gospel à l'église traîne dès ses 15 ans dans de petits groupes locaux, allant chanter le soir le blues après son travail, dans les bars ou les fraternités étudiantes.
C'est un malade de l'hôpital, ancien prof de son lycée, qui l'ayant entendu chanter pendant son service le recommande au groupe "The Esquires" qui cherche un chanteur et le recrute en 1965.
Déjà père de cinq enfants, ayant des soucis financiers, il ne se fait pas prier.
Un soir ou un peu alcoolisé, venant de perdre son boulot dans le bâtiment et s'être fait larguer par sa mie partie à Los Angeles, il improvise une chanson "Why Did You Leave Me ?".
Quin Ivy (le producteur) dans la salle le repère et retravaille avec lui ce titre qui devient "When A Man Loves A Woman", enregistré au Studio Norala avec cette introduction à l'orgue Farfisa par Spooner Oldham. Les autres membres de la séance sont Don Srygley et Martin Greene aux guitares, Junior Lowe à la basse, Roger Hawkins à la batterie. La production de la section cuivre (locale) sera jugée insuffisante par l'ingénieur du son Jerry Wexler et réenregistrée, mais par erreur c'est bien la mauvaise version qui sera pressée sur le single.
Le titre sera rapidement adopté par Atlantic et aura le fulgurant succès que l'on sait.
A un tel point qu'Esther Phillips la reprend immédiatement en 1966.
L'album"When A Man Loves A Woman" est enregistré dans la foulée en 1966 chez Atlantic.
Les 5 albums suivants chez Atlantic, jusqu'en 1970 sont des belles ventes, mais qui vont en déclinant pour les derniers. Jamais aucun titre n'aura autant de succès que le premier.
"My Special Prayer" aura un destin particulier en Afrique Du Sud, devenant un emblème de la lutte anti apartheid, comme le sera "Sugar man" de Sixto Rodriguez. Il sera un des rares noirs en tournée dans le pays avec ce dernier album Live en 1970.
Sur un plan personnel, deux mariages, douze enfants, et des problèmes judiciaires en 1994 suite au non paiement de ses impôts.
Je connais peu son parcours ultérieur, chez Capricorne Records (un album) et ses derniers albums tardifs.
En effet usé par les tournées, santé déclinante, il stoppe sa carrière en 1974 pour la reprendre en fin des années 80, profitant de la réédition de son titre phare, aussi utilisé au cinéma (Platoon en 1987).
En 1994, un nouvel album "Blue Night" avec en invités Steve Crooper et Mick Taylor.
"Shining Through The Rain" dernier album sort en 2004 .
Percy meurt d'un cancer en 2015 .
Que penser de lui ?
Une empreinte indélébile de la Soul du sud imbibée de blues et gospel, marquée par sa sincérité, son émotion.
Ses reprises ne sont pas toujours à la hauteur des originaux, mais à l'époque la concurrence était rude ( Otis Redding, Aretha Franklin et tant d'autres).
Ses titres originaux ne sont pas toujours bien mis en valeur, mais quelle voix !
Je vais explorer, déjà trouvé trouvé les albums de 67, 68 et 70 ... à suivre ?