Il est des morceaux qui vous prennent par la main et ne vous quitte plus.
Tout vous plaît, l'originalité, la progression, la voix, la Kora magnifique, l'atmosphère, on palpe la douleur de la rupture amoureuse... et vous cherchez fébrilement l'album de 2006 qui vous déçoit !
Vous ne gardez que ce morceau entêtant, une perle : Verily.
Pourtant je vais bien aimer l'album suivant de 2008 :
"Moi Et Mon Camion"
Merz , c'est Conrad Lambert né en 1981 dans le Dorset, qui publie sans succès.son premier album en 1999.
Ensuite il voyage, se marie en Mongolie où ses parents se sont installés.
Retour en Angleterre sept ans plus tard et enregistrement de l'album "Loveheart" de 2006 à partir de morceaux un peu disparates, parfois déroutants, écrits pendant son long voyage.
Dans la foulée, un peu plus sédentarisé , il fait ce troisième album "Moi Et Mon Camion" qui ne sort que deux ans plus tard en 2008 .
Plus rien depuis un dernier album solo en 2015"Thinking Like A Mountain"
puis un album collaboratif en 2019 "Dreams Of Sleep And Wakes Of Sound"
Clairement ce type avait autant de talent qu'un Sufjan Stevens, mais pas n'a pas pu, su, voulu percer ...
La disparition de John Bonham, mort dans son coma éthylique en septembre 1980, a été leur fin même si elle n'est officiellement annoncée qu'en 1981 et qu'un album posthume "Coda" sort en 1982.
Il a fallu difficilement tourner le Page avec Jimmy.
Espérer que Plant repousse.
Mais ce dernier a du mal à s'en remettre et nous aussi.
Et sa vie est devenue un enfer, cet accident en 1975 avec sa femme Maureen à Rhodes, la mort de son fils Karac en 1977 qui conduit à leur divorce, et l'attente démesurée de ses fans.
En 1982 , il reprend du collier et nous laisse une impression mitigée, on picore dans ses albums (surtout les premiers aux arrangements datés).
Ce n'est plus une diva, juste un très bon chanteur qui se cherche, explorant dans de nombreuses directions.
Et voilà cette compilation qui surfe sur toute sa discographie solo est un petit miracle d'unité dans la diversité des styles et du temps passé.
Trois inédits seulement :
Nothing Takes The Place Of You
Too Much Alike
Charlie Patton Highway (Turn It Up - Part 1)
Et on redécouvre de grands titres, superbement composés, pas simplement des écrins à sa voix.
Oui je sais , pour certains, c'est toujours un peu pareil, un peu monotone, gros son et décalage entre la voix féminine claire et son sombre chant rauque ... mais j'adore quand il m'emmène dans sa nuit, dans ce down tempo presque tribal, hypnotique.
Tricky
Et pour cette nouvelle étape, de retour sous son propre nom de scène, six ans après le faible dernier ("Fall To Pieces"), Adrian Thaws nous livre un splendide album.
Catharsis, il revient après le décès de sa fille Mina dite "Mazy" survenu en 2019 à l'âge de 24 ans (fille aussi de la chanteuse Martina Topley Bird, son ancienne et première muse).
Poussé par son producteur Alan Mc Gee, Tricky l'ancien Bristolien maintenant Toulousain, délivre comme toujours un disque sombre, mais paradoxalement empli de lumières, pas seulement portées par les voix.
On retrouve une nouvelle muse, après la polonaise Marta qui n'est présente que sur un seul titre, Mitch Sandersjeune chanteur à la voix androgyne venant de Bristol.
Et cette nouvelle voix fait un grand bien à l'album !
Les paroles restent dans la douleur, le deuil, l'absence ... un trip hop bluesy ...
Toujours mélancolique, mais moins crépusculaire que d'habitude,
sans doute son meilleur album depuis longtemps (même si il y a un petit creux, titres 9 à 11).
Je n'avais pas eu de tels frissons en écoutant un album live depuis ! , depuis ???.
Ecouter cet album de Fantastic Negrito est une étrange expérience !
Comme si Prince avait digéré et restitué toutes les racines de la musique noire américaine sur une base incontournable de Blues.
Et ici, il nous livre une sorte de best of transcendantal de tous ses albums.
A lui tout seul, il incarne le renouveau du blues dans un mode fusionfoisonnant d'idées et de charisme.
Le dragon bariolé vous entraîne avec sa folle voix (on croirait parfois le Robert Plant des débuts) dans un monde particulier, soutenu par une basse intraitable, avec un profond fond de Blues, mais secoué de convulsions Rock, Soul, Funk, Gospel voir Hip Hop.
Sa vie ressemble à un film d'aventure.
Xavier Amin Dphrepaulezz naît en 1968 dans une musulmane famille à moitié d'origine Somalienne à Great Barrington (Massachussets).
La très nombreuse famille, quinze enfants (lui le huitième naît quand son père a 63 ans et sa mère 30 !), famille très religieuse, éducation rigide, sévère, dont il s'évade en fuguant dans la rue à Oakland quand ils déménagent en Californie.
Se retrouver à la rue à douze ans ... il se retrouve adolescent délinquant, à voler, vendre de la drogue, porter une arme ... nombreux séjours en foyers d'accueil et prison.
A 18 ans, il découvre l'album "Dirty Mind" de Prince et voit ébahi que c'est un autodidacte qui joue divinement de tous les instruments.
Il décide de l'imiter, sauvé par la musique, et squatte sans être inscrit l 'Université de Berkeley où il se forme musicalement en observant les étudiants en musique. Il commence à composer.
Repéré par la manager de Prince, il signe un beau contrat en 1993 et sort un premier album en 1996 :
Xavier : The X Factor / 1996
qui ne trouve pas son public en dépit des tournées en première partie des Fugees ou de De La Soul.
1999, victime d'un terrible accident de voiture, polytraumatisé avec trois mois de coma, il est lâché par son label. Il arrête la musique, retourne travailler dans la ferme qu'il achète à Oakland en revendant ses instruments.
Cinq ans plus tard, en jouant sur une vielle guitare pour divertir son fils, il retrouve l'envie de la composition.
Il prend ensuite le nom de Fantastic Negrito et joue parfois dans les rues de San Francisco.
Premier EP assez classique (mais très bon) en 2014 grâce au label coopératif Blackball Universe.
Et ensuite le succès d'estime et commercial surtout avec deux albums de blues :
The Last Days Of Oakland / 2016.
Please Don't Be Dead / 2018
Confirme son grand talent, la pochette le montrant après son accident, est pour lui une métaphore de l'état des USA après l'élection de Trump !
En 2022, "White Jesus Black Problems"
raconte l'histoire d'une branche de ses ancêtres, Grandma Gallamore blanche écossaise,devenue servante sous contrat dans la raciste Virginie, vivant en très illégale union libre en 1750 avec Grandfather Courage, un noir issu d'anciens esclaves.
On notera ses tournées ou collaborations avec Bruce Springsteen etSting.
Mais c'est surtout un artiste de scène et ce Live est une merveille.
Ecoutez le chanter "I Hope Somebody's Loving you" , une émotion intense d'entendre comme une fusion de Prince et Joe Cocker et cette surprenante fin ... un must.
Sur "Beat Salad" on l'imagine danser comme James Brown.
Presque Kurt Cobain dans "In The Pines" qui part en total délire funky à la Keziah Jones.
Et son blues rugueux à gorge serrée qui fait penser à Asaf Avidan
Il dit :
"le Live, c'est comme dans une église sans la religion ... j'adore les imperfections de ce son direct, que chaque spectateur fasse son propre chemin vers la communion"
"Je considère le Blues comme une langue vivante, pas une pièce de musée".
Les titres proviennent de plusieurs concerts dans des pays différents.
Bref un album grandiose, incontournable ... je me cherche d'urgence le vinyle.
Et merci d'avoir difficilement tous attendus pour poser les commentaires.