L' Uchronie Musicale :
Je relis avec ferveur ce roman de 1962 : L' Orange Mécanique
Et c'est incroyable comme le film de Stanley Kubrick (1971) a imprégné ma mémoire, faisant surgir des images nettes à la lecture de certains passages, assez souvent, puisque l'adaptation est fidèle au texte, même si édulcorée d'une grande partie de la particularité d'utiliser un riche néo vocabulaire (9 pages de glossaire en fin de livre), simplifié dans le film.
Je vous conseille fortement sa lecture, et aussi les autres grand livres d' Anthony Burgess (Le Royaume Des Mécréants, L' Homme De Nazareth, Les Puissance Des Ténèbres, Dernières Nouvelles Du Monde).
Né en 1917, John Anthony Burgess Wison, qui écrira sous le nom de sa mère Burgess, étudie la linguistique et la littérature.
Anthony Burgess
Après ses cinq années de guerre, il devient enseignant en Angleterre et Malaisie.
Il compose, deux symphonies, concertos et sonates.
Ce n'est qu'à 39 ans qu'il se met à l'écriture, un pamphlet anti colonial.
En raison de troubles neurologiques qui font faussement penser à une tumeur, il se réfugie dans une écriture compulsive, cinq romans en un an... et ensuite aussi poésie, pièces de théâtre, nouvelles, essais, biographies !
Le côté sombre du roman "A Clockwork Orange" vient du fait qu'il est écrit par un Burgess traumatisé pendant la guerre par l'agression et le viol de sa femme par des déserteurs américains.
Il parle de cette culture de la violence portée par Alex (DeLarge) et ses Droogies, de la rédemption, de la vengeance, de la société castratrice.
Le nom d'Alex est précisément choisi, une référence à "Lex" soit la loi, précédé du A privatif, donc le "sans loi" !
On ne sait si l'usage de cette néo langue n'est qu'une idée empruntée à la Novlangue de cet autre livre célèbre "1984" par George Orwell. En tout cas, créer un langage pour un livre a été utilisé par Burgess dans d'autres ouvrages.
(Le film de Kubrik sera classé X aux USA en raison de sa violence, et j'ai du tricher un peu sur mon âge de majorité (abaissé à 18 ans en 1974 par VGE) pour me scotcher sur un fauteuil de cinéma et prendre une inoubliable claque artistique. )
Il meurt d'un cancer du poumon à 76 ans en 1993.
La musique du film joue un rôle essentiel.
C'est Kubrick qui est venu chercher Walter Carlos (qui deviendra par transition Wendy Carlos en 1973), lui demandant de réarranger des classiques, de les moderniser avec son Moog. Il crée également deux titres, "Timesteps" et le Thème For A Clockwork Orange".
La musique agit en contraste, douceur par Rossini, dévoyée dans la scène du viol dans le théâtre où le meurtre de la femme aux chats, le tragique avec Purcell, Elgar pour l'aristocrate fonctionnaire, l'agressif avec Beethoven remanié qui évoque le délire, la folie destructrice... toujours avec une synchronisation parfaite avec les images.
Je m'en suis rendu compte tardivement, puisque je n'ai pu découvrir le film qu'après quelques années d'écoutes du vinyle, comprenant mieux certains morceaux et leur utilité
Les airs du trio américain new age "Sunforest", entendus à la radio par Kubrick, sont comme des interludes "Overture To The Sun" et "I Want To Marry A Lighthouse"
Plus personne n'entend "Singing In The Rain" de la même façon après ce film. Une danse macabre.
J'aime aussi ces petits clins d' oeil aux références ... la pochette de 2001 l' Odyssée de l'espace dans le magasin de disques ...
Est ce que Kubrick se questionne aussi lui même et sa famille avec l'esthétisation de la punition rédemptrice, faschisante, lui qui a épousé une fille de nazi ?
Malcolm Mc Dowell, ne sortira pas indemne de ce film qui lui collera à la peau.
Il aura du mal à trouver sa route après avoir tant bu au Korova Milkbar ...
Et comme il dirait à ses comparses :
"Alors mes droogies, vous qui vous réveillez, les glazes collés vraiment tzarible à la glu du sommeil, vous qui reluchez cette gazetta, zoum, squatez dans la radostie votre stéreo pour sloucher cette merveille. Enfournez le chlem sur vos ouko, écoutez la divine golosse vous envahir le mozg, vous faire dresser la luxuriante splendeur. Comme un trip au methcath. Dacco dac ?"
Orange Mécanique : Bande Originale Film / 1971
- Musique Du Générique D' Orange Mécanique : Walter Carlos
- Ouverture De La Pie Voleuse : Gioacchino Rossini
- Thème D' Orange Mécanique (Beethovenia) : Walter Carlos
- Second Mouvement 9° Symphonie : Ludwig Van Beethoven
- Marche D' Orange Mécanique (4° Mouvement 9° Symphonie) : Ludwig Van Beethoven
- Ouverture De Guillaume Tell : Gioacchino Rossini
- Marche N° 1 Pompe Et Circonstances : Edward Elgar
- Marche N° 4 Pompe Et Circonstances : Edward Elgar
- Timesteps : Walter Carlos
- Overture To The Sun : Terry Tucker
- I Want To Marry A Lighthouse Keeper : Erika Elgen
- Ouverture De Guillaume Tell : Gioacchino Rossini
- Suicide Scherzo (Second mouvement 9° symphonie) : Ludwig Van Beethoven
- Quatrième Mouvement 9° Symphonie : Ludwig Van Beethoven
- Singin' In The Rain : Gene Kelly
Sorgual
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