Un cri inépuisable :
La musique est un cri qui vient de l' intérieur !
J'ai été particulièrement touché par cette reprise de Salif Keita, qui prend tout son sens quand on sait comment sont traités les Albinos comme lui dans de nombreux pays en Afrique.
Après, depuis son adhésion à la junte au pouvoir au Mali, sa verbalisation de la théorie complotiste envers les Nations Unies et en particulier contre l' Algérie, la Mauritanie voire la France qu'il accuse de favoriser et financer le jihadisme ... j'avoue avoir moins d'intérêt pour lui.
Je me concentre donc sur la version originale de Bernard Lavilliers.
Noir Et Blanc :
"C'est une ville que je connais,
Une chanson que je chantais.
Y a du sang sur le trottoir.
C'est sa voix poussière brûlée,
C'est ses ongles sur le blindé,
Ils l'ont battu à mort, il a froid, il a peur,
J'entends battre son cœur.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
Il vivait avec des mots,
Qu'on passait sous le manteau,
Qui brillaient comme des couteaux.
Il jouait d'la dérision,
Comme d'une arme de précision.
Il est sur le ciment et ses chansons maudites,
On les connaît par cœur.
La musique parfois a des accords majeurs,
Qui font rire les enfants, mais pas les dictateurs.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l'intérieur.
Ça dépend des latitudes,
Ça dépend d'ton attitude,
C'est 100 ans de solitude.
Y a du sang sur mon piano,
Y a des bottes sur mon tempo.
Au-dessous du volcan, je l'entends, je l'entends,
J'entends battre son cœur.
La musique parfois a des accords mineurs,
Qui font grincer les dents du grand libérateur.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l'intérieur.
C'est une ville que je connais,
Une chanson que je chantais,
Une chanson qui nous ressemble.
C'est la voix de Mendela,
Le tempo docteur Fela,
Écoute chanter la foule !
Avec tes mots qui roulent et font battre son cœur,
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l'intérieur,
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l'intérieur,
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
La musique est un cri qui vient de l'intérieur,
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur.
De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur. "
Bernard Lavillers écrit ce texte extraordinaire en 1986, en pensant à Nelson Mandela et à l' Apartheid qui commence à être dénoncé de manière plus incisive. Il y a aussi une référence à Geraldo Vandré poète et chanteur brésilien aux mains brisées par la junte militaire. Et enfin, "Y a du sang sur le trottoir" semble inspirée du décès sous les matraques policières de Malik Oussekine ...
Le single fait un carton, avec cette ligne traduite en Lingala et chantée par le Congolais N'Zongo Soul.
Il la traduira totalement en Lingala et la chantera ainsi avec Bernard lors de la tournée en Afrique Du Sud.
Elle la reprendra aussi en mode symphonique.
De nombreuse autres reprises seront proposées dont Souad Massi et Ismaël Lo, mais aucune n'a trouvé écho en moi.
Noir Et Blanc : 2 propositions
- Bernard Lavilliers : Noir Et Blanc / 1986
- Salif Keita : Noir Et Blanc / 2001
Un petit lien ?
Sorgual