lundi 17 novembre 2025

Les Idoles De Joe Strummer

Dans l'ombre :

Pourquoi ce groupe a t'il si peu percé en France ?, restant une légende underground en Allemagne et Hollande,  et à un degré moindre chez eux au Royaume Uni.

"Television Personalities" est né en 1978 sous l'impulsion de leur génial auteur compositeur Daniel Treacy. 

Au départ, un petit gars de Londres ne peux que sombrer dans la musique quand il croise dans le pressing de sa mère Johnny Cash, Jimmy Page ou Bob Marley, quand ado il fait des livraisons (entre autres de drogues) pour Led Zeppelin embauché comme coursier par Jimmy Page!

Il a une bande d'amis de Lycée  avec Joe Forster, les frères Bennett et Ed Ball

Alors qu'il est profondément imprégné par les années soixante (The Kinks, The Beatles et tout le swinging London), il découvre ébahi le travail de Syd Barrett puis le Punk (zonant près de la boutique de Malcolm MCLaren et Viviane Westwood où tout se trame) punk dont il intègre la spontanéité et le caractère fulgurant et urgent des enregistrements.


Il compose beaucoup, mais trop bordélique perd nombre de ces dernières chansons et commence à jouer avec ses amis. 

Très cultivé, il s'intéresse à l' art, à la peinture, au surréalisme, au cinéma. Cela transparaît dans ses titres. Il est décrit comme enjoué et lumineux, mais avec de grosses failles et des périodes où il perd pied à l'image de de son idole Syd.


Le groupe n'avait pas de nom, les musiciens sous pseudo, et c'est John Peel en 1978 qui à la radio parlera d'eux et cherchant un nom de groupe sur la pochette collage d' un des deux  premiers singles "14th Floor" en lisant une partie griffonnée "The Television Personalities".


 

Ils se disent Punks à mi-temps (Part Time Punks), sur le single "Where's Bill Grundy Now" qui leur fait trouver un label en 1979. 



Puis cet album mythique sort en 1981 "And Don't The Kids Just Love It" chez Rough Trade Records .

Le groupe est composé de :

  • Dan Treacy
  • Ed Ball
  • Mark Sheppard

La pochette montre une image tirée de la série "The Avengers" (Chapeau Melon Et Bottes De Cuir) avec Twiggy et Patrick Macnee. 


 

On est dans un after punk foutraque marqué par la facilité de retenir les mélodies et des paroles très humoristiques. Un punk arty et poétique qui ne trouve guère son public.

Pourtant comment ne pas tomber amoureux du titre "I Know Where Syd Barrett Lives"


 

Oui sans doute Dan en est un cousin admiratif de Syd, lui aussi un génie déjanté et compositeur génial. Mais ses albums suivants auront tous le défaut d'être très inégaux, de reprendre parfois d'anciens titres, de ressembler parfois à de simples démos.

Le deuxième album "Mummy Youre Not Watching Me" en 1982 est dans la même veine, mais moins efficace, moins spontané, valant à peine le détour.


 

Suivront  le troisième au joyeux titre "They Could Have Been Bigger Than The Beatles" aussi sorti en 1982 avec un groupe remanié par le départ de Ed Ball, où il s'associe à Jowe Head (bassiste) qui co- compose pour les  albums suivants et mets un peu d'ordre dans la bande. 

Meilleur que le précédent, plus brut, il reste difficile à trouver (un petit lien ?)

A noter qu'il se fait virer par David Gimour quand il l'accompagne avec son groupe lors de sa tournée en Angleterre en annonçant sur scène l'adresse de Syd barrett !

Le quatrième et bon album (même si certains morceaux sont faibles) "The Painted World" a du mal à se finaliser en raison de problèmes avec le label Rough Trade qu'ils quittent en 1984. 

 

Ici en vidéo , trois titres de la tournée en Allemagne en1984.

Le comportement de toxicomane et la face sombre de Dan commencent à miner le groupe. 

Suivra le dernier bon album, bien que très foutraque et trop inégal, "Privilège" en 1989

 

Dan sombrant progressivement sous alcool et héroïne dans une profonde dépression le conduisant à la rue, zonant de squat en squat de junkies, séjours en taule pour vols,  puis en bateau prison en 2004.

Il en ressort sevré et reprend les compositions avec l'album "My Dark Places" en 2006.


Il gère son label Dreamworlds et découvre "The Pastels"et "Mighty Lemon Drops" ... 

C'est à cette époque que Kurt Cobain lui demandera de jouer en première partie de son concert avec Nirvana, Kurt fan absolu de l'écriture de Daniel et partageant avec lui ses problèmes existentiels face au succès ... 

Car il reprend sa toxicomanie et présente des phases de décompensation d'allure psychotique et disparaît de nouveau après avoir livré quelques titres poignants où il parle de sa propre déchéance, de la mort ... incapable de saisir les chances offertes de remonter sur scène (MGMT).

En 2011, il chute en sortant du bus (probablement une agression liée à la drogue) et se fait un grave traumatisme crânien hémorragique rapidement opéré qui lui laisse de lourdes séquelles le conduisant en centre de rééducation pour dix années, mais sans grand succès. Il est quasi grabataire, bradypsychique  et presque aveugle ne pouvant qu'écouter la musique.


A noter et à trouver la seule biographie du groupe par Benjamin Berton "Dreamworld ou la fabuleuse vie de Daniel Treacy"

Résultat de recherche d'images pour "Dreamworld ou la vie fabuleuse de Daniel Treacy "


Television Personalities : And Don't The Kids Just Love It / 1981


 

  1. The Angry Silence
  2. The Glttering prizes
  3. World Of Pauline Lewis
  4. A Family Affair
  5. Silly Girl
  6. Diary Of A Young Man
  7. Geoffrey Ingram
  8. I Know Where Syd Barrett Lives
  9. Jackanory Stories
  10. Parties In CHelsea
  11. La Grande Illusion
  12. A Picture Of Dorian Gray
  13. The Crying Room
  14. Look Back In Anger 

 

Un Petit lien ?

 

Sorgual 


5 commentaires:

  1. Une replongée, pas étonné de la comparaison avec M. Barrett. J'ai quelques albums, attachant mais pas réussi à les adopter complètement. Sous tes encouragements, je retente « Look Back In Anger » « This Angry Silence » « World Of Pauline Lewis» etc… À l’écoute j’ai envie d’engueuler le Antoine qui a tenté à l’époque (2017 papier de UNCUT), moi qui a un moment ne jurait que par Buzzcocks, je retrouve ce rock mélodique et sautillant, arrangement proche du « live » j’imagine. Zut, si j’avais été vigilant j’aurai dû tomber sur ce disque.

    RépondreSupprimer
  2. Le côté brut, naturel, acide, sans effort, me fait parfois penser au son des premiers Beatles mono ... en moins mélodique bien sûr !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et après avoir quasi(ment) tout écouté de leur discographie, comme dit Everett "de sacré branleurs" qui auraient pu, du ... faire beaucoup mieux et aussi bien que ce fulgurant premier album.

      Supprimer
    2. Et depuis le temps que tu en parles, c'est pour quand cet article sur les Buzzcocks ?

      Supprimer
    3. Si un jour je m'y mets il me faudra parler de mon infidélité car je me suis vite rabattu sur MAGAZINE, probablement mon penchant pour la musique prog.

      Supprimer