Je vous souhaite àtoutes et tous une bonne soirée et une joyeuse nouvelle année musicale (bien sûr).
The Specials
En 1977, Jerry Dammers (de son vrai nom Gerald Danki) crée à Coventry un groupe avec Lynval Golding et Sir Horace Gentleman (Horace Panter).
D'abord nommé "The Automatics" puis "The Coventry Automatics", ils sont rejoints par Terry Hall et Roddy Radiation pour former "The Special Aka" ou plus tard à partir de 1979 "The Specials".
Le groupe devient composé de :
Terry Hall : chant
Lynval Golding : guitare et chant
Neville Staple : percussions et chant
Jerry Dammers : claviers
Roddy Radiation : guitare
Sir Horace Gentleman : basse
John Bradbury : batterie
Rico Rodriguez : trombone
Dick Cuthell : trompette
Repérés par Joe Strummer, ils font la première partie des Clash en tournée anglaise et se popularisent.
Dammers décide de créer son propre lablel "2 Tone Records"et publie le premier single en 1979 en empruntant 700 Livres.
"Gangsters" casse la baraque ! Les 5000 copies s'arrachent et le groupe touche du cash de Chrysalis pour une nouvelle presse.
Ils trouvent leur look bicolore de Rude Boy référence aux deux couleurs de peau dans la bande, un mélange classieux de Mods et Skinheads.
"Specials" produit par Elvis Costello sort en 1979
Puis "More Specials" en 1980.
"Ghost Town" affole les compteurs et les pistes de danse de 1981.
Le groupe remanié sort ensuite "In The Studio" qui du mal à percer en dépit du titre "Nelson Mandela" qui sort en 1984.
Dammers se consacre ensuite à la politique et dissous le groupe.
Il y aura ensuite des reformations partielles, que clôture le décès de Terry Hall en 2022.
J'ai souvent une pensée quand on va changer d'année pour ceux qui ne la verront pas.
Disparus, envolés, dans un autrement ? (si seulement !)
J'ai toujours été impressionné par ces artistes qui font un dernier jet, comme un cri, se sachant condamnés par la maladie. De belles chanson, de grands disques, comme une épitaphe.
Johnny Cash : The Mercy Seat ... "I'm not afraid to die !"
David Bowie : Lazarus ... "Look up here, I'm in heaven !"
Leonard Cohen : Leaving The Table ... "I'm out of the game"
Mais celui qui m'a le plus touché c'est Alain Bashung.
Pourquoi ?
Un mélange d'émotions.
Cet album d'abord d'une grande qualité, par un artiste que j'appréciais musicalement et dont je guettais chaque sortie d'album.
Cette dernière tournée, d'un type épuisé qui tiens debout grâce et par la musique.
Ce foutu cancer du poumon, qui m'a enlevé tant de patients, fait percevoir l'injustice de vie, la perte de force physique et la souffrance, et surtout démontrer la faiblesse du pouvoir du médecin et sa propre douleur de l'échec.
"Bleu Pétrole" est finalisé en 2008, tout le monde ayant remarqué la fatigue anormale d' Alain pendant les sessions d'enregistrement. Chloé Mons sa compagne lui fait enfin accepter de consulter, et sa toux conduit à la radiographie et rapidement au diagnostic de cancer du poumon à petites cellules, déjà bien étendu.
Ce n'est pas la première fois qu'il se confronte à la maladie et aux complications de ses addictions.
On se souvient de sa dépression après le succès de "Pizza", n'arrivant pas à gérer sa célébrité brutale et tardive ; plongeant dans l'alcoolisme qui le conduira à la cirrhose, gelée par sa cure de désintoxication en 86 à Meudon.
Puis de nouveau cette dépression et rechute alcoolique quand il divorce de sa première épouse Chantale, après sa renaissance lors de l'enregistrement d''Osez Josephine" aux USA...
La rencontre en 1997 avecChloé Monssur le tournage du clip "La Nuit Je Mens" avait permis de le sevrer et le stabiliser , sauf de sa dépendance fatale au tabac.
Alain Bashung : Bleu Pétrole / 2008
Je T' Ai Manqué
Résidents De La République
Tant De Nuits
Hier A Sousse
Vénus
Comme Un Légo
Sur Un Trapèze
Je Tuerai La Pianiste
Suzanne
Le Secret Des Banquises
Il Voyage En Solitaire
L'album avec des compositions de Gaëtan Roussel, Gérard Manset, Joseph D' Anvers et Arman Méliès, est d'emblée un beau succès.
Et Alain veut poursuivre sa promotion et les concerts, même quand la chimiothérapie alopéciante (délivrées pour le protéger un peu sous le pseudo de Monsieur Gaby !) et l'amaigrissement forcent la reconnaissance publique de la maladie.
60 concerts dont un seul sera "reporté", tournée sans aucune assurance, de grands moments d'émotion comme devant le silence religieux et respectueux du public aux Francofolies , où à l' Olympia, chacun sachant que c'est une dernière fois, lui aussi avec toujours ce final seul à la guitare en guise d'adieu.
Dire que j'ai loupé la sortie de ce vinyle, j'enrage.
Alain Bashung : A L' Olympia / 2025
Et cet hommage aux Victoires de la musique 2009, cette difficile et épuisante version au chant étiolé de "Résidents de la République", ce dernier contact ému et émouvant avec ceux qui l'aiment, le public et la profession. La peine de le voir incapable de simplement soulever le trophée ...
Il meurt deux semaines plus tard le 14 03 2009, ne pouvant se relever de ne pouvoir aller sur scène.
Et Chloe qui nous foudroie le coeur quand elle sort l'album posthume.
Alain Bashung : En Amont / 2018
Immortels
Ma Peau Va Te Plaire
La Mariée Des Roseaux
Elle Me Dit Les Mêmes Mots
Les Salines
Montevideo
Les Arcanes
Seul Le Chien
Les Rêves Du Vétéran
Un Beau Déluge
Nos Ames A L' Abri
Chaque fois que j'entends cette chanson "Immortels" ou que je visionne ce clip, je frissonne du souvenir de "mes disparus".
Je ne t'ai jamais dit, mais nous sommes immortels.
Vous galérez pour une recette spectaculaire pour la fin d'année, je vous propose une trilogie de Thon rouge, quitte à vous de ne réaliser qu'un tiers de la recette !
Si vous êtes bien organisé, cela vous demandera juste quinze minutes pour finaliser avant de servir vos belles assiettes dignes d'un restaurant !
Gravlax de Thon :
Peut être fait à l'avance, même l'avant veille !
Il faut en premier réaliser un assemblage pour le gravlax. Mélanger dans le bol :
6 cuillerée à soupe de gros sel
3 cuillerées de sucre roux
Quelques grains de baies rose grossièrement écrasées
Un peu d'aneth
Superposer 2 feuilles de film alimentaire transparent, déposer au centre la moitié du mélange, poser une belle tranche épaisse de Thon frais, recouvrir du reste du mélange, refermer la première feuille en ne laissant pas d'air, puis rendre étanche en refermant la deuxième feuille.
Laissez reposer au réfrigérateur un heure, puis retourner.
Une heure plus tard, ouvrir et rincer le thon sous l'eau froide, bien éponger essuyer , puis enfermer dans du film alimentaire et au frais.
Le jour même :
Préparez un sauce simple : mélanger de la mayonnaise avec un gros trait de pâte de Wasabi et un peu d'aneth (on peut adoucir avec un peu de yaourt grec).
Couper au couteau le Thon en tranches fines.
Tataki de Thon :
Peut être fait à l'avance, le jour même ou la veille.
Préparer la marinade :
Une cuillerée à café de pâte Miso
Deux cuillerées à soupe de sauce Ponzu (A défaut sauce Soja salée et un peu de jus de citron)
Une cuillerée à soupe d'huile de Sésame
Une cuillerée à soupe d'huile neutre (pépins de raisin, arachide ou autre)
Une cuillerée à soupe de vinaigre de vin blanc (ou de Mirin)
Poivre et pas de sel
Découper le Thon cru en gros dés de 3 centimètres (d'autres préfèrent laisser entier et découper après cuisson : plus facile à cuire)
Les laisser mariner en les retournant souvent pendant dix minutes.
Récupérer les dés égouttés (gardez la marinade), passer une face dans les graines de sésame, et les faire rissoler rapidement sans graisse dans une poêle , sur une face, puis la face sésame en dernier, opération très rapide, le centre doit rester presque cru. Réserver au frais sur une assiette froide.
Tartare de Thon :
A faire le jour même :
Découper le Thon cru en petits dés de 0,5 cm et réserver au frais.
Préparer la base :
Ciseler une échalote, couper en quatre des tomates cerises, en petits dés trois ou quatre cornichons au vinaigre, quelques câpres au vinaigre et une cuillerée à café de leur jus, une cuillerée à soupe de jus de citron vert, du persil, de la cive (sinon ciboulette), du poivre, une pointe piment, un trait de sel et mélanger à votre marinade (voir recette précédente).
Pour complexifier on peut ajouter de petits de pomme et ou de concombre, de la courgette crue ...
Dix minutes avant de servir, mettre le thon dans cet assemblage et mélanger puis reposer au fais.
Présenter dans des belles feuilles de salade ... avec un bon pain au levain.
Une petite musique pour accompagner ?
Hot Tuna :
Burger est le troisième album, le premier en studio, du groupe californien Hot Tuna.
Deux lives avaient déjà été enregistrés depuis la formation du groupe en 1969.
Burger sort en 72, juste avant l'implosion de Jefferson Airplane.
Le groupe est alors composé de :
Jorma Kaukonen (guitare et chant)
Jack Casady (basse et chant)
Papa John Creach (violon et chant)
Sammy Piazza ( batterie, percussions et chant)
Nick Buck (claviers)
Richmond Talbott (guitare et chant)
David Crosby (chant)
Dans le sillage de Jefferson Airplane, les connexions entre les groupes et musiciens sont multiples.
Hot Tuna n'était qu'un projet parallèle de Kaukonen et Casady, qui prit de l'ampleur quand Jefferson battait de l'aile. C'était un espace de blues rock plutôt rural et traditionnel, le picking est roi, parfois le bootle neck, mais il y a des bienvenues sautes d'humeur électriques.
Jorma a composé 5 titres, le reste étant des reprises.
La pochette de ces hippies autour de la Buick de 1935 est magique et donne le ton de l'album. Un vintage évolutif.
Sweet Smoke avec "Just A Poke" sorti en 1970 est sans doute l'une des plus belles pochettes de vinyle que je possède, je ne me lasse pas de la regarder, et cela tombe bien d'écouter cet excellent album de transition entre pop psychédélique et rock progressif.
C'est Jan Finjheer qui a conçu ce visuel, un sage du moyen orient fumant avec concentration un joint orné d'étoiles et de rayures ...
Sweet Smoke naît dans le quartier de Brooklyn à New York en 1968.
C'est en fait la réunion de trois groupes distincts, jouant des musiques différentes.
Jay Dorfman (batterie et percussions) et Marvin Kane (guitare et voix) jouaient ensemble, et Andy (Andrew) Dershin (basse) puis Mike (Michael) ParisFontana ( saxophone, flûte, lead voix et percussions) sont venus se joindre à eux.
Le nom du groupe est initialement " Sweet Smoke Of The Happy Plant Pipeful", l'accessoire festif et favori du batteur Jay étant cette pipe à herbes qui rendait heureux ! Belle idée que de raccourcir ce nom !
Le quatuor passe à cinq avec le guitariste Victor Sacco, lead guitare, mais qui quitte rapidement le groupe.
Vont se joindre Marvin Kaminowitz (guitare solo et voix) et Steve Rosenstein (violon, guitare, percussions et voix).
Ils s'imbibent de cette culture psychédélique du Summer Of Love et du mode de vie qui va avec, doppés par les psychostimulants. Ils vont de bars en bars, alignant kilomètres et petits contrats, considérés comme un "Junky Band" donc un vie devenant à risque dans le monde répressif développé par le tout frais président Nixon.
Rapidement, formant une jeune communauté (ils ont entre 17 et 20 ans), envie de voyages et de découvertes, de liberté avec quelques dollars en poche, s'impose l'idée de l'Europe.
Refoulés à la frontière Hollandaise, ils s'installent en Allemagne dans une ferme à Hüttum, à proximité de la Hollande (pour des raisons d'approvisionnement !) accueillis transitoirement par un sculpteur et un peu gourou Waldemar Kuhn.
Ils tournent en Allemagne ainsi qu'en Hollande et France, tous entassés dans leur petit Ford Transit.
Ils ne se souviennent pas forcément de tous ceux, surtout des filles (en dehors de Puppa, Enid et Carol), qui transitent par là ! D'interminables jams, des heures d'improvisations, de créativité, de partage, de liberté totale.
Des journalistes intrigués, viennent voir ces étranges américains, et peu à peu la presse parle du groupe.
Signés par EMI, ils enregistrent "Just A Poke"à Cologne, avec ces deux longs morceaux légendaires de 16 minutes.
Conny Plank, l'ingénieur du son n'a enregistré jusqu'à présent que des disques de musique classique ! Et cette confrontation va amener un son, une rigueur, que cet ingénieur devenu célèbre exploitera avec Kraftwerk, Devo, Eno ou Eurythmics ! Quelle masterisation magique.
Il s'appuie beaucoup sur le saxophoniste et compositeur Michael Paris Fontana, qui venant du jazz a l'habitude de l'esprit des bands.
Sweet Smoke : Just A Poke / 1970
Baby Night
Silly Sally
La tournée dure un an, entrecoupée par un séjour en Inde pour une retraite spirituelle dans une communauté Ananda Marga. Mike Paris tout juste marié s'installera d'ailleurs en Inde.
C'est au Népal, que des touristes leurs apprennent le succès de leur album en Europe !
Ils rentrent et signent en 1973 avec EMI pour le second album"Darkness To Light" réalisé la même année dans un studio en Hollande.
Marvin Kane retourne étudier à Boston.
Le frère d'Andy, Jeffrey Deshin (piano, vox et percussions) , apportera beaucoup pour la composition des morceaux. On notera la présence de Rochus Kuhn (violon et violoncelle), Puppa Kuhn (flûte), Peter Von Locht (saxophone) et Marty Rosenberg (percussions).
Sweet Smoke : Darkness To Light / 1974
Just Another Empty Dream
I'd Rather Burn Than Disappear
Kundali
Believe Me My Friends
Show Me The Way To The War
Darkness To Light
Le groupe se sépare en 1974, pour une fois sans aucun désaccord, ni morts par overdose, juste par lassitude et fin d'un mode de vie libertaire et expérimental, après un dernier concert à Berlin qui sera enregistré et publié à postériori comme le "Sweet Smoke Live"
Il y aura d'autres pochettes plus moches lors des rééditions augmentées.
Ils restent toujours amis et en contact d'où ces deux photographies, la première en 72.
Formé à Tottenham dans le milieu Hip Hop Londonien à la fin des années 80, le groupe va se séparer après l'album qui me l'a fait connaître en 1998.
C'est le rappeur Mint (Peter Akinrinola) et DJ Renegade (Winton Small) qui fondent le groupe, recrutant Doc Slim (Rodney Green).
Ils galèrent avec quelques titres oscillant entre Hip Hop et Acid jazz, sous le nom de Mint ou Renegade, pour finalement percer à la radio et dans les clubs avec deux titres "It's My Thing"et "Got To have It".
Ils signent en 1991 chez "Talkin' Loud Records" sous le nom de Urban Species.
Les singles "Listen" ainsi que le très beau "Spiritual Love" font une belle sortie en 1993.
La présence de Mc Solaar sur Listen leur offre une percée en France.
Suit le premier album qui sort en 1994"Listen", à la musique métissée, fusion associant blues, funk, reggae et jazz sur un fond de samples bricolés. Ils font appel a des voix, Mc Solaar, Imogen Heap et Maysa Leak. On est dans un Hip Hop de transition très inventif évoluant vers le Down Tempo du Trip Hop.
Urban Species : Listen / 1994
Hide & Seek
Gotta Have It
Musikism
The Ropes
Spiritual Love
Just A Matter Of Time
Listen (Feat Mc Solaar)
The Consequence
The Experience
No Particular Title
Brother
Light At The End Of The Tunnel
Mais DJ Renegade quitte le navire en 1995 et Mintos poursuit seul l'aventure.
"Blanket" suivra en 1998 avec là aussi des voix invitées , dont Terry Callier et Imogen Heap.
Le split est consommé après ce dernier album, avec échec d'une tentative de reformation en 2008.
Urban Species : Blanket / 1998
Changingoftheguard (Feat terry Callier)
Destructive
Blanket (Feat Imogen Heap)
Iwonder
Woman
Predictablyunpredictable (Feat Imogan Heap)
Rockstar
Religionandpolitics (Feat Terry Callier)
Realitycheck (Feat Taipanic (from Black Twang) & MC Mell O')
Quelle musique pour un lendemain doux mais qui donne envie de se bouger doucement ?
Christine Salem est née à Saint Denis de La Réunionen 1971.
C'est la grande voix de la Maloya de La Réunion, ancrant sa diversité avec ses racines malgaches et comoriennes dans la rebelle musique traditionnelle de l'île (longtemps interdite par les colons Français jusqu'en 1981 !!!).
Un bel article sur ces musiques héritages des esclaves.
Cette autodidacte, qui ne sait ni lire la musique, abandonne son travail dans le social en 2012 pour se consacrer à la musique. Elle a composé dès ses douze ans apprenant la guitare avec l'autre légende de l'île Danyel Waro.
Portée par sa voix grave et rauque, parfois s'accompagnant du Kayamb, elle compose à la guitare et elle chante en créole et parfois en Anglais.
Bien sûr elle reste entourée de ses percussions traditionnelles avec David Abrousse et Harry Périgone.
Elle y croise la voix très complémentaire de Rosemary Stanley de Moriarty. Elle déroule une musique fusion imparable, des paysages variés sentant l'Afrique voire l' Afrique Du Sud, le blues, le reggae, la soul ...
Le disque est inégal mais renferme tant de belles choses, lumineuses, sereines, une joie parfois triste et mélancolique typique de cette musique. N'hésitez pas à pousser la porte d'entrée de ce volcan d'énergie(s).
Une spéciale dédicace à Issa, opéré de sa surdité génétique, et qui adore avec son implant enfin percevoir la musique de l' île d'origine de son père, et surtout ressentir par le sol les grosses vibrations des percussions qui le font danser.