dimanche 6 septembre 2026

Progressivement Vieux

Par La Grande Porte :

Ray Manzarek


Quelle curieuse idée de Ray, l'ancien clavier des Doors, de relooker en rock progressif le charismatique Carmina Burana ! 

 


 

Le manuscrit anonyme retrouvé en 1803 dans le couvent Bavarois de Benedikteubeuren est un recueil de poèmes en Français, Latin, et Allemand du Moyen Age (XII et XIII° siècles), probablement une retranscription de textes populaires, de chansons à boire ...

 

 

Carl Orff portera ces textes en musique avec une première en 1937 après deux ans d'écriture débutés en 1935. L'oeuvre et son auteur auront un parcours dont les accointances avec le régime nazi seront discutées plutôt à charge.

 


 

Mon vinyle (version Gundula Janowitz - Eugen Bochum chez Deutsche Gramophon) passe encore sur ma platine. 

Le style baroque et grandiloquent aura un beau succès mondial, mais certains diront ce n'est que du mauvais Stravinsky ! 

 Une version vidéo de l'album de Manzarek sera réalisée mais jamais finalisée.

 


 

Cette version moderne de Ray est produite par  Philip Glass et Kurt Munkasci.

  • Ray Manzarek : Orgue, Piano, Arrangements
  • Michael Riesman : Synthétiseur, Orchestration
  • Larry Anderson : Batterie
  • Ted Hall : Guitare
  • Doug Hodges : Basse
  • Adam Holzman : Synthétiseur
  • Jack Kripi : Flûte , Saxophone.  

 

Plus qu'une simple curiosité kitch, une belle réussite qui surprend quand la modernité souligne à merveille (comme dans The Face Of Spring) le chant et la mélodie

 

Ray Manzarek : Carmina Burana / 1983

 


Destiny Ruler Of The World :

1 The Wheels Of Fortune (O Fortuna*)

2 The Wounds Of Fate (Fortune Plango Vulnera*)

Springtime : 

3 The Face Of Spring (Veris Leta Facies*) 

4 Sunrise (Omnia Sol Temperat*)

5 Welcome (Ecce Gratum*)

6 The Dance (Tanz* )

7 Sweetest Boy (Cour D' Amour : Dulcissime*)

8 If The Whole World Was Mine (Were Diu Werlt Alle Min*)

In The Tavern :

9 Bolling Rage (Estuans Interius*)

10 The Roasted Swan (Olim Lacus Colueram*)

11 In The Tavern (In Taverna Quando Sumus*)

The Court Of Love :

12 Love Files Everywhere (Amor Volat Undique*)

13 A Young Girl (Stetit Puella*)

14 Come, My Beauty (Veni Veni, Venias*)

15 The Lovers (Blanziflor Et Helena : Ave Formosissima*)

Destiny : Rulers Of The World : 

16 The Wheels Of Fortune (Blanzifor Et Helena :O Fortuna*)


Un lien progressif ?

 

Sorgual 

  

6 commentaires:

  1. Je connais mal l'oeuvre à part la partie tant exploité pour évoquer de grands moments chevaleresque au cinéma (Excalibur), j'ai écouté la version de Manzarek qui me donne envie de connaitre donc la version "classique" déjà pour répondre à cette question: l'avantage de la batterie, comme j'ai écouté à volume normal je l'ai trouvé "à côté" alors que je lis une critique "la batterie de Larry Anderson lui apporte quelque chose dont les rebelles d’il y a plusieurs siècles auraient probablement été fiers." Je note donc ta réf "Gundula Janowitz"

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  2. @Devant. La version que possède Sorgual est celle qui fait référence. Je crois même qu'elle avait été approuvée par Orff lui-même. Tu as des versions Ozawa et Muti qui sont bonnes aussi, Plasson aussi se débrouille, mais Bochum c'est la ref. J'avais vu il y a quelques temps Carmina en live au Palais des Congrès, dans une version mi-kitsch, mi-fantasy. C'était pas si mal. En fait c'est un vrai tube de concert, comme si Springsteen entonnait d'un seul coup "Born to Run". La filiation avec Stravinsky parait évidente : c'est rêche, primitif et mystique, avec un barnum sonore sans cesse convoqué. ça claque, ça gronde, ça hurle : on ne s'ennuie pas vraiment.

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    1. J'imagine un rip de clavier, Jochum est effectivement celle qui m'avait été conseillée, je vais la couplet avec une récente de Paavo Järvi. En passant directement au printemps pour écouter autre chose que Fortuna qui emporte tout sur son passage. Merci du conseil

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  3. Hors O Fortuna, il faut un peu s'habituer au reste, mais c'est si addictif. Un de mes vinyles sur l'île déserte.

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  4. C'est toujours "suspect" quand - comme avec ELP pour les Tableaux de Moussorgski-Ravel (pour l'orchestration) - le rockeur s'emploie à s'attribuer une pièce (et en particulier un tel monument) du répertoire classique.
    En général c'est un truc de claviériste, plus que pianiste, car les claviers avec tous les synthés c'est devenu (comme avec l'orgue d'église) un orchestre à part entière.
    Alors s'offrir l'extension réelle, c'est souvent un rêve de gosse (ou d'ado de conservatoire) qui s'accomplit.
    Comme si la grandiloquence, le symphonisme, etc se devaient d'être ...
    Un truc vital en fait, je crois bien et qui appartient à cette idée d'arranger, d'adapter et même de réorchestrer.
    Mahler réorchestrait les symphonies de Beethoven - ce qui parait incongru.
    Manzarek s'empara de Orff, comme Emerson de Bach, Moussorgski, Prokofiev, Copland et tant d'autres ce qui fit dire à notre crétin de Manœuvre que le prog c'est juste de la musique classique avec des gros amplis...
    En jazz Bob James a synthétisé Rameau, funkysé Bizet et Deodato a refait Zarathoustra avec Tommy Bolin aux guitares...
    Des exemples y'en a à la pelle.
    Et puis les créateurs (j'avais commencé là dessus avec des albums classiques de créations de rockeurs voire chanteurs fr ...) n'échappent pas à cette envie irrépressible de gigantisme, du pied que cela procure d'écrire et réaliser pour grand orchestre, car effectivement c'est le pied. Je pense à J Lord, K Emerson, J. Jackson, ...
    Que Manzarek s'y soit collé, rien d'étonnant.
    J'ai pas mal écouté cet album à sa sortie, l'originalité du propos, l'idée générale et l'adaptation pour groupe, vraiment bien réalisée.
    Je reste cependant assez réservé, même si ça le fait bien - adapter un tel monument suppose autre chose que le rejouer version groupe. C'est peut être là que j'ai commencé à m'interpeller sur cet album et l'ai finalement rangé pour revenir à la version originale, tellement rock en elle même...
    Quand j'étais au conservatoire, en classe de percussion, l'apprentissage des Carmina était un passage obligé - soit en cours pour l'écriture, soit comme j'ai eu la chance de le faire, en orchestre avec un déballage de matériel percussif digne d'une tournée de ELP...
    Et quand tu fracasses le gong avec en sus un stock de choristes avoisinant les 150 élèves - oui c'est le pied et ça reste une vibration unique.
    Et pour conclure avec la récup' nazie, il ne faut également pas oublier cet aspect (d'ailleurs récemment un podcast france musique je crois sur le pouvoir nazi et la musique qui se devait de passer dans toutes les strates sociales cela permettant à chaque famille (et les obligeait quasiment) à avoir leur piano, ce qui fit que nombre de fabriques de pianos allemandes virent le jour pour répondre à la demande.
    Mais là encore la musique passait par un filtre culturel et dictatorial avec de l'exclusivité et le lynchage de certaines écoles dont le dodécaphonisme, mais aussi bien évidemment des compositeurs juifs.
    Bon, cet album, certes excellent, mais dans le genre y'a plus "inventif" ...
    Ecoute le titre Ludwig par Bob James... ou Bob James plays Rameau.
    Ou plus âpre les violences de Rameau par louis sclavis...
    Et Bartok par Richie Beirach...
    etc.

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    1. Merci pour les pistes.
      Et Manzarek m'a aussi poussé à réécouter l'original plus que sa version.
      Pour rebondir sur ton histoire entre piano et nazis, le formidable bouquin de Sonia Devillers "Le fabuleux Piano" qui vient de sortir, parlant de ces pianos des juifs spoliés par les nazis ...

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