dimanche 25 janvier 2026

Lizzy L' Exploratrice

Précoce dans tout !

Même dans sa mort à 47 ans !

Lizzy Mercier Descloux 


 

Martine Elizabeth Mercier naît à Lyon en décembre 1956.

Elevée par sa tante ouvrière, elle migre sur Paris pour entrer aux "Beaux Arts".

Elle fréquente une boutique de disques et Tee Shirts d'import, pas loin de chez elle, "Harry Cover" 12 rue des Halles, temple du merchandising Punk.

 

Elle y rencontre le fondateur de la boutique en 1973, Michel Esteban, qui devient son compagnon. 

C'est à cette  époque qu'elle ajoute à son nom celui de son père Descloux qu'elle vient de connaître, sa mère ayant toujours été absente.


 Et ensuite , quelle vie d'aventure !

 

Il faut se procurer le livre de Simon Clair : 

Lizzy Mercier Descloux, Une Eclipse (2019). 

 

 

Celle qui a un nom peu prononçable pour les américains fut un guide pour eux , une défricheuse, une muse pour les mondes et artistes émergents, comme une de ses grandes amies, Patti Smith avec qui elle pouvait disserter sur Rimbaud.

En 1975, avec Esteban ils partent à New York. Ils vivent quelques mois dans la sphère punk, fréquentent Patti Smith, Richard Hell et assistent aux concerts des Ramones.

Ils créent un fanzine Punk puis "Rock News" en 1976.

 

Lizzy publie "Desiderata" , un recueil de poèmes, dessins , illustrations de Patti Smith et Richard Hell, photographies ...

 

Ils retournent vivre à New York, quartier de  Soho,Michel Esteban crée avec  Michael Zilkha le label "Ze Records".


 

Elle devient une égérie de ce monde underground du Lower East Side, entre punk et new wave, musique, photographie, écriture et peinture...

Celle qui se fout de mal parler Anglais, d'avoir un accent déplorable, pose pour son amant le photographe Seth Tillett, exposant son androgynie, menant une vie nocturne.


  

Toute la No Wave (Lydia Lunch, James Chance, Suicide) et le disco funk de Kid Creole signent sur leur label qui devient une référence. 

Autodidacte en musique, s'achetant un Fender Jazzmaster, refusant les cours de chant, elle se lance dans des expériences avec le groupe Rosa Yemen (album en 1979), et aussi Aural Exciter.


 

En 1979, c'est avec ce dernier qu'elle sort son premier album : "Press Color".


 

Album punk déconcertant pour l'époque, au phrasé parlé déroutant pour les américains, à la musique pimentée d'exotisme. Pas de reconnaissance pour ce truc qui ne ressemble à rien.

Elle poursuit néanmoins aux Bahamas "Mambo Nassau" en 1981 avec Steven Stanley (Compass Point All Stars) et le clavier Wally Badarou. Véritable premier album de World Music si cela existe, baigné de reggae, avec ce mélange de rock, funk, soul, racine africaines et pulsation caribéenne. Et cette voix presque percussive ?

 


Remarquée, elle est signée par CBS.

Mais loin d'exploiter cette veine, elle part en voyage en Afrique, Ethiopie sur les traces de Rimbaud. 

Puis l'Afrique du Sud attirée après avoir écouté une simple K7, enregistre  avec  "Zulu Rock" en 1984.

 


 

Elle s'est installée dans le pays quelques mois, pour s'imprégner de la culture et de la musique locale. On l'a regardé avec de gros yeux, quand visitant la maison de disque locale tenue par les blancs, elle réclame des musiciens noirs de Soweto, leur laissant une grande liberté sur l'album, le premier album marqué du style Sud Africain bien  avant Peter Gabriel, Paul Simon ou même le local Johnny Clegg.

Dire que certains n'ont retenu que "Mais Ou Sont passées les Gazelles"

"One For The Soul" en 1986 dénote. 


 

Il est enregistré sur des bases jazzy en voulant réinventer le blues alors que le couple vient de s'installer au Brésil. Ils réussissent à tirer le meilleur parti du featuring de Chet Baker (totalement défoncé) sur cinq des titres. Elle s'aventure aussi dans la Soul avec la reprise du titre d' Al Green "Simply Beautiful". Et on passe aussi par les ambiances brésiliennes chantées à la Nina Hagen, déjantées. Peut être un peu trop sur produit, mais quelle qualité et originalité.

Et pour terminer, "Suspense" en 1988 enregistré à Londres avec Mark Cunningham, album un peu lisse sous la contrainte de Polydor et sans réussite en dépit du travail de Lizzy pour améliorer sa voix, et la qualité musicale et de l'écriture. Un disque beaucoup trop sous estimé.

 


 

Car ensuite le projet d'album de Bill Laswell patinera, seul un duo avec Patti Smith "Morning High"  sortira en bonus d'une réédition de Press Color en 2003, puis en face B du single "Fire". 

 

 
 
Qu'est ce qui a foiré ? Pourquoi ce stop ? Plus d'avant garde pour elle ? Un refus du système ? détresse physique ou morale après une vie d'excès ?

 

Dans les années 90, elle s'installe en Corse et se consacre à la peinture et l'écriture , jusqu'à ce que le cancer l'emporte en 2004. 

J'ai voulu redonner une chance à cet album que je n'avais que survoler, et je ne regrette pas ; contrairement à ce que dit Brassens "le temps peut faire l'affaire !" (au moins partiellement).
 
Lizzy Mercier Descloux : One For The Soul / 1986
 

  1. One For The Soul
  2. Simply Beautiful
  3. Fog Horn Blues 
  4. Women Don't Like Me
  5. My Funny Valentine 
  6. Sound Of Leblon Beach / Garden Of Alas
  7. God Spell Me Wrong
  8. Off Off Pleasure
  9. Long Voodoo Ago
  10. Queen Of The Overdub Kisses 
  11. A Word Is A Whah
  12. Scala Saga Samba
  13. Love Streams
  14. Let's Get It On
  15. Bravado
 
 
Sorgual 
 
 
 

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