Ce magnifique groupe n'a pu survivre à la mort de l'un des deux fondateurs. Il reste culte aux USA.
Her
Simon Carpentier revient à Rennes d'un an d'immersion aux Etats Unis dans le Michigan quand il rencontre Victor Solf qui vient d'Allemagne (né à Dusseldorf d'une mère française).
Tous deux au Lycée Emile Zola de Rennes écoutent, absorbent et finalement créent leur musique dès l'âge de seize ans. Les deux ados entrent au conservatoire, parfaire leurs gammes classiques et harmoniques.
Ils fondent en 2007 le groupe d'électro pop "The Popopopops" qui produira deux Ep, un album "Swell" et de multiples concerts jusqu'en 2013.
En 2015, ils fondent le groupe "Her" et leur propre label "Fam Records" pour s'assurer une totale liberté de composition.
Victor chanteur et clavier et Simon chanteur et bassiste vont connaître le succès dès le premier EP qui sort en 2016 . Le duo s'accompagne de de Thomas Clairice à la basse, Louis Kluipers à la guitare et Mathieu Gramoli à la batterie.
Ils développent une soul atypique mâtinée d'électronique discrète qui appuie la pureté des mélopées toujours en anglais qui chantent des odes féministes.
Her Tape # 1
Intro
Quite Like
Five Minutes
Interlude
Her
Union
"Quite Like" est choisi en single et en vidéo sulfureuse réalisée par Raphaël Frydman.
Mais c'est"Five Minutes" qui cartonne après avoir été mis en avant par les Inrockuptibles et surtout utilisé pour une pub Apple.
En 2017 paraît le deuxième EP.
Her Tape # 2
Intro
Blossom Roses
Queens
Interlude
Jeanie J
Swim
Mais l'aventure s'arrête brutalement en août 2017 quand Simon meurt d'un cancer à l'âge de 27 ans après des années de combat!
L'album en cours qui va ensuite être finalisé avec des musiciens d'appoint ( David Sultan à la basse, Louis Marin Renaud à la guitare ) sort en mars 2018 en et sera suivi d'une tournée promise par Victor à Simon. Et Même quand le rap s'en mêle avec le Belge Roméo Elvis avec les seules paroles françaises, cela reste de la Soul (atypique).
Florence And The Machinegagne en beauté dans le malheur transformant sa théâtralité lyrique en petit bijou d'émotion.
Son hospitalisation en urgence pendant sa dernière tournée en août 2023, s'effondrant sur scène, a nécessité une intervention salvatrice en raison d'une grossesse extra-utérine compliquée.
De sa lente convalescence, de sa confrontation avec la fragilité de la vie, elle tire des compositions cathartiques, exorcisant ses angoisses de son chant tendrement lugubre.
Florence (Léontine) Mary Welch est née à Londres en 1986.
Sa culture musicale vient de ses parents, pop rock pour son père, crooners pour sa mère. Elle commence à chanter à l'église et à écrire des chansons dès ses dix ans, une écriture assez lugubre marquée par la tristesse de la perte de ses grands parents. Elle est assez solitaire.
C'est sa rencontre avec la claviériste Isabella Summers (surnomée The Machine) qui va être décisive pour la genèse du groupe. Robert Acroyd ajoute sa guitare, Cyrus Bayandor sa basse, Dionne Douglas son violon et Loren Humpfrey sa batterie.
"Lungs" sortira juste après le premier EP en 2009, et d'emblée la diva gothique et baroque à la fois éblouit, ressuscitant Kate Bush.
Et depuis elle aligne les albums.
A la différence de The Divine Comedy, elle arrive à mettre du punk, du rock dans son sirop musical dominé par des orchestrations luxuriantes mais qui conservent de l'agressivité.
Et cet album en est presque un paroxysme, magique.
Florence And The Machine : Everybody Scream / 2025
Découverte !!! Aussi intrigant que le jour où j'ai acheté le premier DJ Shadow, me voilà avec cet album de 2025 dans un nouvel univers, un autrement qui dépasse de loin les simples collages, boucles et samples du Hip Hop. Une autre façon d'écrire une musique actuelle.
Quand on se confronte à cet album très addictif, on est désarçonné, l'impression que cela part dans tous les sens, comme une gigantesque peinture avec plein de petits détails qui rendent le simple coup d'oeil impossible. Il pousse à la réécoute.
Une sorte de collage musical tout en épaisseurs, en atmosphères où tous les instruments (comme les cuivres, l'harmonica où le violoncelle) et rythmes (tout en ruptures et surprises) viennent s'assembler. C'est onirique.
Quelle qualité orchestrale et de composition.
Comment étiqueter cela ? Peinture musicale ? R&B progressif ? Pop expérimentale ? Une Suite pour musique Pop et Voix ?
Juste le défaut (c'en est un à mes oreilles) de sonner vocalement parfois trop R&B, et un petit coup de mou aux 2/3 de l'album, mais en dépit de cela que de magie(s) dans cet album tentaculaire.
(Dev),Devonté Hynes de son nom, David de son vrai prénom, est né en 1985, à proximité de Londres dans le faubourg d'Ilford, très anciennement dans le comté d'Essex (d'où le nom de l'album) , et vit maintenant à New York.
Il a un long passé musical derrière lui.
Il commence en 2004 comme guitariste et clavier au synthés avec "The Test Icicles", puis progressivement chante. Un seul album en 2005. Le groupe se sépare en 2006.
Sous le nom de "Lightspeed Champion" depuis 2007, date de son départ à New York, il avait déjà interpellé nos oreilles. avec le très bon "Falling Of The Lavender Bridge" en 2008.
Le second album en 2010 était moins intéressant.
Et en 2010 il doit s'imposer un longue pause vocale suite à une sévère affection à la gorge qu'l a du faire opérer, puis réapprendre à utiliser sa voix dans une longue rééducation.
"Blood Orange" existe depuis 2011 avec six albums au compteur débutés avec la belle pochette de "Costal Grooves"
.
Mais très prolifique, et sans doute avec l'un des plus fourni carnets d'artistes de New York (de Philip Glass à Charlotte Gainsbourg et Blondie), il écrit, produit et collabore avec de multiples artistes et écrit des musiques de film où pour défilés de mode. On a l'impression d'une éponge qui absorbe toutes les musiques dans son univers sans limites.
Essayez cet intriguant album, dédié à son passé Londonien et à la perte de sa mère...
Est ce que je m'emballe pour rien ? Qu'en pensez - vous ?
Blood Orange : Essex Honey / 2025
Look At You
Thinking Clean
Somewhere In Between
The Field (Feat The Durutti Column, Tariq Al Sabir, Caroline Polachek & Daniel Caesar)
Mind Loaded (Feat Carolie Polachek, Lorde & Mustafa)
Vivid Light
Countryside (Feat Eva Tolkin, Liam Benzvi & Ian Isiah)
"Wild Horses" paraît en 1970 en single des "The Flying Burrito Brothers" de Gram Parsons.
Les Rolling Stones ne pensaient pas au départ faire grand chose de cette chanson dont le riff et le refrain avaient été écrits par Keith Richards en 1969, un titre marqué par la joie de la parentalité, son fils Marlon venant de naître, contrastée par sa tristesse de se séparer de lui en raison de la tournée à venir.
Plus tard, Mick Jagger écrit le texte, en s'inspirant peut être de sa faillite de l' aventure amoureuse avec sa muse Marianne Faithfull, voir peut être parlant même de l'épisode de l'unique nuit que Marianne passa avec Keith dont elle vantera toujours le souvenir magique.
Mick dira en 1993 qu'il n'y avait probablement pas de souvenirs personnels dans les paroles, juste une base d'inspiration, mais ce "probablement" sonne étrangement.
Keith finalise les arrangements.
"Wild Horses couldn't drag me away" seraient (selon la légende ?) les premiers mots dits à Mick par Marianne sortant du coma d'une overdose médicamenteuse en Australie en 1969.
Pas si invraisemblable que cela , car Horse en argot désignait bien l'héroïne ... pouvant dire "rien ne m'arrachera à ma dépendance".
L'enregistrement en décembre 1969 du single au Muscle Shoals Studio en Alabama ne pourra sortir vite en raison de problèmes avec l'ancien manager Andrew Oldham.
A noter que la session sera réalisée sous un flot de whisky et dans la fumée des joints, le refrain enregistré dans les toilettes ...
Le groupe est composé de :
Mick Jagger : voix
Keith Richards : guitares et choeurs
Mick Taylor : guitare acoustique
Bill Wyman : basse
Charlie Watts : batterie
Jim Dickinson : piano
Cela explique peut être que le titre soit donné en attendant que la situation se décante à leur copain Gram Parsons et son groupe.
Le titre sera ensuite finalisé en Angleterre l'année suivante aux Studio Olympic Sound en 69 , puis au Studio Trident en 1970.
Le titre sort finalement sur l'album "Sticky Fingers" en avril 1971.
Puis le single en juin 1971.
Un "classique" mélancolique inoubliable, que Mick aurait chanté à genou devant Marianne lors d'une de leurs (torrides) retrouvailles :
"La fidélité a été brisée
les larmes doivent être versées
Tachons de vivre un peu
après notre mort ... "
En 2013, sur le triple CD de la remasterisation, il y aura la version acoustique de la démo initiale.
Que de reprises plus ou moins connues.
Pas la plus connue mais j'adore la version simple d' Elliott Murphy.
Sorry est un groupe formé par deux Londoniens amis d'enfance qui jouent de la guitare et chantent ensemble de longue date, Asha Lorenz et Louis O' Bryen.
Ils sont ici associés à Lincoln Barrett à la batterie et Campbell Baum à la basse. la production et l'électronique sont assurés par Marco Pini.
Ce premier album est signé chez Domino Records en 2020.
On est bien dans la Brit Pop des années 90, mais totalement secouée par des sonorités de nos jours et des réminiscences subtiles d'autres temps jazzy, ska ou rock. Chaque morceau déroute par rapport au précédent et pourtant l'ensemble est cohérent.
La production est raffinée et détache bien la belle voix d'Asha. On pense bien sûr aux Kills, mais en plus rassurant et néanmoins surprenant, comme si la musique était faite par Pulp.
J'aime beaucoup cet album.
En 2022, ils ont publié "Anywhere But Here". Déception, pas du tout l'alchimie étrange du premier.
Rien depuis à part cette vidéo prometteuse en 2024 : Waxwing , puis en 2025 : Jetplane.
Je ne suis pas vraiment fan de Rap -Hip - Hop américain mais certains albums sont quand même interpellants.
On fête les 15 ans de cet album de The Roots chez Def Jam Records
Le groupe mythique de Philadelphie, mené par Questlove et Black Thought (quel pseudo génial de ce MC chanteur !) porte haut le son du hip hop depuis 1987.
Ce sont avant tout des grands musiciens (quel batteur ce Questlove !) même si leur fond de commerce est le samplage de leur extraordinaire collection de soul funk et rock. Et eux au moins n'ont pas peur du live, de collaborations originales et dans tous les styles.
Ce neuvième albumest frais, complexe, et surtout groovy et jazzy.
La qualité de la musique et des rythmes est à tomber et pas du tout dénaturée par le flow calme, scandant des paroles existentialistes.
On ne tombe jamais dans ce qui me rebute dans ce style musical, le trop, la démonstration, la mise en arrière de la musique, la mièvrerie nu soul, le triturage jusqu'à la dénaturation, la boucle sans fin.
Et à part le faible "Web 20-20" et le fulgurant hommage à leur défunt pote Dilla, s'il y a un disque qui peux vous faire changer sur votre mauvaise idée du hip hop américain, cela pourrait être celui là.
The Roots : How I Got Over / 2010
A Peace Of Light (Feat Amber Coffman, Angel Deradoorian & Haley Dekle)
Walk Alone (Feat Truck North, P.O.R.N. & Dice Raw)
Pourquoi ce groupe a t'il si peu percé en France ?, restant une légende underground en Allemagne et Hollande, et à un degré moindre chez eux au Royaume Uni.
"Television Personalities" est né en 1978 sous l'impulsion de leur génial auteur compositeur Daniel Treacy.
Au départ, un petit gars de Londres ne peux que sombrer dans la
musique quand il croise dans le pressing de sa mère Johnny Cash, Jimmy Page ou Bob
Marley, quand ado il fait des livraisons (entre autres de drogues) pour Led Zeppelin embauché comme coursier par Jimmy Page!
Il a une bande d'amis de Lycée avec Joe Forster, les frères Bennett et Ed Ball.
Alors qu'il est profondément imprégné par les années soixante (The
Kinks, The Beatles et tout le swinging London), il découvre ébahi le
travail de Syd Barrett puis le Punk (zonant près de la boutique de
Malcolm MCLaren et Viviane Westwood où tout se trame) punk dont il intègre la spontanéité et
le caractère fulgurant et urgent des enregistrements.
Il compose beaucoup, mais trop bordélique perd nombre de ces dernières chansons et commence à jouer avec ses amis.
Très cultivé, il s'intéresse à l' art, à la peinture, au surréalisme, au cinéma. Cela transparaît dans ses titres. Il est décrit comme enjoué et lumineux, mais avec de grosses failles et des périodes où il perd pied à l'image de de son idole Syd.
Le groupe n'avait pas de nom, les musiciens sous pseudo, et c'est John Peel en 1978 qui à la radio parlera d'eux et cherchant un nom de groupe sur la pochette collage d' un des deux premiers singles"14th Floor" en lisant une partie griffonnée "The Television Personalities".
Ils se disent Punks à mi-temps (Part Time Punks), sur le single "Where's Bill Grundy Now" qui leur fait trouver un label en 1979.
Puis cet album mythique sort en 1981 "And Don't The Kids Just Love It" chez Rough Trade Records .
Le groupe est composé de :
Dan Treacy
Ed Ball
Mark Sheppard
La pochette montre une image tirée de la série "The Avengers" (Chapeau Melon Et Bottes De Cuir) avec Twiggy et Patrick Macnee.
On est dans un after punk foutraque marqué par la facilité de retenir les mélodies et des paroles très humoristiques. Un punk arty et poétique qui ne trouve guère son public.
Pourtant comment ne pas tomber amoureux du titre "I Know Where Syd Barrett Lives"
Oui sans doute Dan en est un cousin admiratif de Syd, lui aussi un génie déjanté et compositeur génial. Mais ses albums suivants auront tous le défaut d'être très inégaux, de reprendre parfois d'anciens titres, de ressembler parfois à de simples démos.
Le deuxième album "Mummy Youre Not Watching Me" en 1982 est dans la même veine, mais moins efficace, moins spontané, valant à peine le détour.
Suivront le troisième au joyeux titre "They Could Have Been Bigger Than The Beatles" aussi sorti en 1982 avec un groupe remanié par le départ de Ed Ball, où il s'associe à Jowe Head (bassiste) qui co- compose pour les albums suivants et mets un peu d'ordre dans la bande.
Meilleur que le précédent, plus brut, il reste difficile à trouver.
A noter qu'il se fait virer par David Gimour quand il l'accompagne avec son groupe lors de sa tournée en Angleterre en annonçant sur scène l'adresse de Syd barrett !
Le quatrième et bon album (même si certains morceaux sont faibles) "The Painted World" a du mal à se finaliser en raison de problèmes avec le label Rough Trade qu'ils quittent en 1984.
Ici en vidéo , trois titres de la tournée en Allemagne en1984.
Le comportement de toxicomane et la face sombre de Dan commencent à miner le groupe.
Suivra le dernier bon album, bien que très foutraque et trop inégal, "Privilège" en 1989.
Dan sombrant progressivement sous alcool et héroïne dans une profonde dépression le conduisant à la rue, zonant de squat en squat de junkies, séjours en taule pour vols, puis en bateau prison en 2004.
Il en ressort sevré et reprend les compositions avec l'album "My Dark Places" en 2006.
Il gère son label Dreamworlds et découvre "The Pastels"et "Mighty Lemon Drops" ...
C'est à cette époque que Kurt Cobain lui demandera de jouer en première partie de son concert avec Nirvana, Kurt fan absolu de l'écriture de Daniel et partageant avec lui ses problèmes existentiels face au succès ...
Car il reprend sa toxicomanie et présente des phases de décompensation d'allure psychotique et disparaît de nouveau après avoir livré quelques titres poignants où il parle de sa propre déchéance, de la mort ... incapable de saisir les chances offertes de remonter sur scène (MGMT).
En 2011, il chute en sortant du bus (probablement une agression liée à la drogue) et se fait un grave traumatisme crânien hémorragique rapidement opéré qui lui laisse de lourdes séquelles le conduisant en centre de rééducation pour dix années, mais sans grand succès. Il est quasi grabataire, bradypsychique et presque aveugle ne pouvant qu'écouter la musique.
A noter et à trouver la seule biographie du groupe par Benjamin Berton "Dreamworld ou la fabuleuse vie de Daniel Treacy"
Television Personalities : And Don't The Kids Just Love It / 1981