vendredi 17 octobre 2025

Le plein de Super

Chick, le chaînon manquant ?

Chick Churchill, né en 1946 dans le Derbyshire, est le claviériste du groupe  "Ten Years After".

Initié au piano dès l'âge de six, il se dirige vers un avenir de concertiste en musique classique quand il découvre le Rock et le Blues. 

Il rejoint à Nottingham le groupe "Sons Of Adams" puis devient Roadie pour les "Jaybirds" d' Alvin Lee, avant de monter avec eux sur scène comme clavier peu de temps avant le changement de nom en 1967 pour "Ten Years After" avec qui il tournera de 69 à 75 avant de devenir manager chez Chrysalis Music.

 

En 1973, il compose et propose son album solo, dont nous allons parler ici.

Chick sera l'élément de base des reformations ultérieures de Ten Years After, parfois moins convaincantes en particulier après le départ d'Alvin Lee  pour une aventure solo (Alvin qui meurt en 2013). 

 


J'ai découvert  la carrière cachée de Chick grâce à la fabuleuse compilation d'Hervé publiée chez Butterboy. 

Il réexplore Supertramp et ses annexes, un hommage à Rick Davies, mort en septembre 2025 après dix ans de combat avec son Myelome multiple.

 

 
 Mega compilation d' Hervé 

 

Chick Churchill en 1973 va donc réaliser son seul album solo : "You And Me".

 

Pour cet album, il s'entoure d'un groupe fabuleux :

Guitares :

Martin Barre (Jethro Tull) 

Bernie Madsen (Whitesnake)

Roger Hodgson (Supertramp) 

Basses :

Roger Hodgson (Supertramp) 

Leo Lyons (Ten Years After) 

Batterie : 

Rick Davies !!! (Supertramp)

Cozy Cowell (Jeff Beck, Bedlam)

Ric Lee (Ten Years After)

Saxophone :

Bill Jackman

Chant : 

Gary Pickford-Hopkins (Wild Turkey)

Chick lui même assure le piano, orgue, Moog, Melloton,et chant 

La participation des musiciens de Supertramp est facilitée par le doute insinué dans le groupe par leurs problèmes financiers, sans doute une bulle d'air pour Hodgson et Davies, avant enfin le succès en 1974 de"Crime Of The Century".. 

Donc une totale découverte grâce à Hervé de ce splendide bien qu'un peu daté album ! Un grand merci. 

Un mix entre Blues Rock et Rock Progressif, avec la voix très Rod-Stewartienne de Gary. 

 

Chick Churchill : You & Me / 1973 


 

  1. Come And Join Me
  2. Broken Engagements
  3. You And Me
  4. Reality In Arrears
  5. Dream Of Our Maker man
  6. Ode To An Angel
  7. You're Not Listening
  8. Chiswick Flyover 
  9. The Youth I Dreamt In Slipped Away 
  10. Falling Down An Endless day

 

Un petit lien ?

 

Sorgual 

 

jeudi 16 octobre 2025

Près de la rivière.

Musique en réunion et non pas de la Réunion.

Projet musical atypique du DJ et programmateur radio (Radio Nova) parisien Emile Omar.

Il est articulé autour de deux amis et complices, le multiinstrumentiste Alex Finklin et Clément Petit qui gère les voix, mais est également violoncelliste.


Roseaux 

Un premier disque de reprises en 2012  

Avec Aloe Blacc au chant. 


 

Un deuxième en 2019, cette fois de leurs propres compositions plutôt soul onirique.


Avec de nombreux invités : Aloe Blacc, Blick Bassy, Ben L' Oncle Soul, Melissa Laveaux.


 

 Et ce troisième album en 2025 que j'ai acheté en vinyle et écoute en boucle depuis le moi de mai. 

Le voyant passer en Mp3", j'en profite pour vous le confier. C'est vrai qu'ils sont confidentiels, aucune promo, aucun concert, mais beaucoup d'abonnés sur les plages de streaming.

De nouveau Melissa Laveaux et aussi Ghetto Boy, Ala.ni, Isabel Sörling  et toujours Ben L' Oncle Soul, car ici on célèbre les voix dans la douceur élégante, même si il y a trois instrumentaux.


"Why Should I Smile ?" comme chante Melissa, mais simplement par ce que cet album c'est la définition du beau. 

Roseaux : III / 2025


 

  1. My People
  2. WhyShould I Smile
  3. Solitude
  4. Hey I Want You
  5. You Say
  6. With Us
  7. California (Intro)
  8. California
  9. Loving You Is All I Want To Do
  10. Mandolinho
  11. Again

 

Un petit lien ?

 

Sorgual 


 

mercredi 15 octobre 2025

Centenaire

Tu me manques !

1925


 

 

Aujourd'hui ma mère, dite Zouzou aurait eu 100 ans. 

 


Partie juste avant son 97° anniversaire, nous avions tenté avec mon frère de la décrire pour ses funérailles en quelques adjectifs :


 

  • Insouciante dans son enfance campagnarde dans une maison sans confort moderne. 
  • Eduquée par son séjour en pensionnat d'où elle gardait une aversion des lentilles. 
  • Amoureuse de cet être complexe qu'était mon père.
  • Inventive, pour des noces au sortir de la guerre et des pénuries
  • Distraite, la reine des patates rôties brûlées sur une face
  • Maternelle avec ses trois enfants, dont moi à jamais le"petit dernier"
  • Moderne, passant son permis de conduire à Paris après guerre
  • Attentive, réprimandant la gourmandise de mon père 
  • Bronzée dans la maison de vacances en Espagne 
  • Intrépide dans sa voiture, voyageant avec nous à travers la France
  • Râleuse , invectivant les autres conducteurs
  • Détendue après un Whisky Coca du soir 
  • Débrouillarde, s'accommodant des contraintes des changements de vie 
  • Attentive dans son rôle de grand-mère puis arrière grand mère.
  • Dévastée par la mort de son mari après 64 ans de vie commune. 
  • Résiliente lorsque la chute puis la maladie la cloue dans un lit d'hôpital. 
  • Affectueuse, avec ses "je t'aime" 
  • Eteinte comme une petite bougie...

 



C'est compliqué de résumer quelqu'un d'aussi riche et attachant.

Penser à elle est à la fois une tristesse et un bonheur.

Quel privilège de l'avoir eu pour mère, c'était une chance inouïe de pouvoir et savoir être heureux.

 

Pas envie de musique aujourd'hui, à contrario de mon père elle n'en écoutait pas , sauf pour danser ... où posée se reposant devant la télévision à écouter le concert du Nouvel An,  avant de passer en cuisine pour les festivités du soir.

 

Juste une chanson me vient en tête, celle là, juste pour toi maman. Je t'aime.

 

 John Lennon: Plastic Ono Band   / 1970


 

  •    1  Mother 

Un petit lien ?

Sorgual 




mardi 14 octobre 2025

La Campagne ça vous Gagne


Sa vraie Musique ? Partie 3

 

Ninio Ferrer et Kinou

 

Réfugié maintenant dans sa maison fortifiée de "La Taillade" dans le Quercy, C'est Kinou, devenue sa femme qui prend la photo de s maison pour la pochette de Blanat qui sort finalement en 1979, même si la production est restée partielle en raison d'un manque de finances, c'est mon album préféré.


 

Là le rock est progressif dans toute sa splendeur, une atmosphère et pour moi son plus beau morceau "L'arbre Noir". 

Sont crédités sur l'album :Mickey Finn (guitare), Ronnie Thomas (basse), Keith Boyce (batterie) et Brian Johnston (claviers).


Aucun succès, et personne ne vient à la séance de dédicaces chez le disquaire de Saint Flour ... 

 

Léssivé financièrement , moralement et musicalement, isolé il disparait pour refaire surface en 1980 chez WEA pour un disque commercial avec des reprises d'anciens titres et "La Carmencita". Et puis il y règle son compte à Mirza, "Oh la sâle bête !"


Mais il s'amuse surtout avec des musiciens amateurs du groupe "Rockanbole" venant de Cahors  : Alain Lecoq (batterie), Magali Pietri (chat), Philippe Rigal (guitare) et Joël Segura (basse). 

 

En débouchera l'album Ex Libris qui sort en 1982.

 

Incroyable début d'album avec ce souvenir de son amour pour les classiques. L'album est sombre et triste, oppressant. On est plus dans une pop cabaret tragique.

Un petit double lien groupé ?

Dédié à son père qui vient de mourir. Il tournera pendant deux ans avec ce dernier associé à d'anciens morceaux "commerciaux" pour satisfaire le public

Il continue quelques piges au cinéma comme acteur ou auteur de musiques de film. 

Son caractère devient aigri et éruptif, de plus en plus rongé par le trac ce qui l'entraîne vers l'alcool pour se donner du courage sur scène. Il n'est plus en confiance avec ces musiciens qu'il pense limités.

 

Cependant les choses semblent s'arranger pour l'album suivant "Rock N' Roll Cowboy" avec sa pochette de Frank Margerin en 1983.


 

Enregistré dans un climat plus serein et collectif. Le résultat est médiocre.

Le suivant n'est guère plus emballant, "13° Album" en 1986.


 

Sorti de la musique, devenant principalement peintre, il ne revient à la lumière que par le succès de la sortie de compilations et retrouve le chemin des studios en 91.

Pour l'album "La Désabusion" en 1993. a pochette est l'une de ses oeuvres.

 


Dans l'émission télévisée Taratata,  il décrit en 1994  lors de la promotion de la compilation "La Vie Chez Les Automobiles" son projet avec son ancien groupe Leggs de faire un nouvel album (qui ne verra jamais le jour).


Il termine d'abord son dernier album  "Concert Chez Harry" , un album live en 1995 avec seulement deux inédits.


 

Puis de nouveau disparaît se consacrant à la peinture.

 

La mort de sa mère en 98, suite d'une chute chez lui,  le plonge dans une profonde dépression. Il essaye de se remettre à la musique avec son fils mais seul le morceau "L'innocence" est enregistré.

Il se suicide quelques jours après, d'une balle en plein coeur le 13 08 1995 après avoir rédigé une lettre pour ses proches


 

Sorgual


lundi 13 octobre 2025

Rockeur un jour ...

 Sa Vraie Musique ? Partie 2

 

 

Sa rencontre avec le guitariste Irlandais Micky Finn redonne à Nino le goût du rock binaire qui va partager l'affiche avec le rock progressif sur l'album suivant.


 

 "Nino Ferrer & Leggs"   enregistré en 1973 au studio Château d' Hérouville.



Il s'entoure de Micky Finn (guitare), Brian Johnston (piano), Ron Thomas (basse), Keith Boyce (batterie), Giogio Giombolini (orgue) et même un quatuor à cordes dirigé par Jean Claude Vannier. Les textes sont très écologiques.

Micky Finn a travaillé avec les grands groupes anglais (dont Led Zeppelin) et apporte de nouveau un son rugueux qu'adoucit le travail du clavier et des voix, penchant beaucoup vers un hard rock psychédélique. La ballade, très Syd Barrett de "Je vais te dire adieu" tranche totalement. L'an 2000 est totalement funk !Bref, pas beaucoup de progressif sauf sur le morceau initial. 

L'album sans promotion, sans single, est un bide.

 

Il devient alors son propre producteur et sa rencontre avec le peintre Antonio Recalcati lui fait croiser la route de Radiah Frye, mannequin et chanteuse. 


Tout juste père de son premier enfant avec Kinou, sort l'album en 1974.

  

"Nino And Radiah" distribué par CBS. Enregistré chez lui dans son home studio avec son 16 pistes, 

Il s'entoure de musiciens américains de funk expatriés, Larry Jones (guitare), Arthur Young (trompette), Ronnie James (trompette) Frank bel (claviers) , Lafayette Hudson (basse) , Danny Donable (batterie) et Kino Speller (percussions).

 

Cet album est plus aux influences mélancoliques funk soul, chanté en anglais. Pas beaucoup de traces de rock progressif, peut être l'album le moins chargé en émotion et surprises. A signaler un beau riff à l'orgue sur Vomitation et des passages presque free jazz.

L'album reste confidentiel

 

En 1975, il adaptera South en français (sans jamais aimer cette adaptation ) pour de nouveau de belles royalties avec "Le Sud".


 

Après un passage au cinéma et des musiques pour film, il retourne en studio en 1975.

 

"Suite en Oeuf"sort en 1976

La pochette est du peintre Charles Matton. 


 

Il s'entoure du Spamm band : Bob Mc Guinnes (guitares), Jeff Peach (saxophone et flûte) , John Edwards (basse) , Graham Broad (batterie et percusssions) et des invités dont Michel Ripoche au violon.

Là on retombe dans un rock progressif symphonique de toute beauté. On a aussi parfois l'impression de compositions à la Elton John tant dans la structure que dans le ton (Daddy Tarzan).

Un triple lien ?

Le disque n'a aucun succès et est décrié par les critiques.

 

En 1976, Nino loue dans le Lot le château de Blanat. Il veut un album concept, une vision post apocalyptique, s'entourant dans ce lieu perdu de musiciens sans trop savoir ce qui va en découler.

Il s'entoure de : Gilbert Montagné (claviers et composition) , Paul Breslin (guitares) , Micky Finn (guitares) , Georges Rodi (claviers) Tony Bonfils (basse) , Jo Hammer (batterie).

Deux mois en vase clos, avec un résultat partiel, nécessitant des réenregistrements avec les Leggs pour finir par sortir l'album "Blanat" dont la sortie est différée, car d'abord il solde le troisième album qu' il doit à CBS avec tous ces anciens morceaux qui traînent dans le fond de ses tiroirs  dont le très beau titre "L'inexpressible". 

Le nom de l'album est savoureux : Véritables Variétés Verdâtres !


La suite demain.

Sorgual 

 

dimanche 12 octobre 2025

Histoire d'Assimilation

Sa vraie musique ? 

La période dite de Rock Progressif dans la carrière de Nino Ferrer commence avec "Rats And Roll" en 1970 et se termine avec "Ex-Libris" en 1982. Cette nouvelle musique savante est d'inspiration Européenne, bouscule les codes, s'éloignant du blues et du rock n' roll anglo américain, transgressant les codes de la variété et de son mercantilisme.


Agostino Arturo Ferrari né en 1934 à Gênes est le fils d'un bourgeois local et d'une mère française (dite Mounette) d''origine modeste venant de Nouvelle Calédonie.

 

Nino , diminutif d'Agostino, arrive en France en 1939, la famille ne se doutant pas de l'arrivée de la guerre. Quand Mussolini entre en guerre contre la France en 1940,  la famille décide de rejoindre l'Italie dans le Piémont. C'est sa mère qui lui fait l'école à la maison. Il devient un solitaire, curieux d'art et de nature, il découvre les chanteurs de variété et l'Opéra italien.

En 1947, la famille est de retour en France mais son père a du mal à trouver du travail. 

Il part en pension chez les jésuites, subissant le racisme envers "le Rital". Il commence à peindre, écrire des poèmes (dont "l'arbre noir"), compose ses premières chansons en écoutant du jazz à la radio. 

Son premier achat est un 45 tours d'Yvonne Blanc "Train bleu" par la "meilleure pianiste de jazz" de l'époque d'après guerre.

Il s'initie en les louant aux instruments à vent (clarinette, trompette et trombone) ainsi qu'au banjo. Il adore improviser. Eclectique, il écoute de tout de Mozart, Brassens à Armstrong, et se passionne pour le naissant Rhythm And Blues, puis la Bossa Nova.

 

En 1953, étudiant à la Sorbonne, il rencontre Richard Bennett qui lui propose de former un groupe de jazz, lui au banjo où à la contrebasse, Richard à la batterie, avec un de ses cousins Stéphane Guérault à la clarinette...  Petit succès pour le groupe qui se fait appeler "Dixie Cats".

Sa première histoire d'amour passionnée avec Claire , cette année là, le déstabilise totalement et à la rupture, il pense au suicide où à la légion étrangère !

Finalement, il rentre dans le rang, Faculté de Lettre à la Sorbonne se spécialisant en Ethnologie et Histoire des Religions, groupe de Théâtre Universitaire, et continue avec le Dixie Cats , jouant même à la salle Wagram après avoir gagné un concours de Jazz Mag.

 

Un super 45 tours est enregistré avec le trompettiste américain Bill Coleman en 59. Toujours à la contrebasse, crédité de son nom Nino Ferrari, il enregistre encore trois autres albums de jazz.

 

Il débute un partiel tour du monde en bateau pour aller voir sa famille en Nouvelle Calédonie. 

De retour en Métropole en 1960, sans emploi, il se tourne vers la musique à plein temps. Il prend de plein fouet le choc de la Pop culture, continue d'écrire des chansons sans penser devenir chanteur, et poursuit ses concerts avec les Dixie Cats dont le succès périclite, sous l'assaut de la vague Yéyé..

Ils changent de nom, "Richard Bennett Rhythm N' Blues" et de style, passant en première partie des Chaussettes Noires en 61, puis de Ray Charles dans un festival de Jazz.

 

 

Nino abandonne la contrebasse pour la basse Fender.  Cela change, lui qui ne sait pas lire la musique, sa façon de jouer et de composer. Sorti de son groupe de jazz , il s'essaye dans plusieurs formations, pour finalement retourner dans les Dixie Cats reformés pour accompagner Nancy Holloway.


C'est elle qui lui demande parfois de chanter, ce qui attire sur lui le regard de toutes les jeunes filles, sur la scène du Golf Drouot. En 63, après le succès de "T"en vas pas comme ça", la chanteuse les remercie et change de groupe.


 

Ferrer vivote, écrit pour les autres, puis signe chez le label Bel Air  son premier 45 tours sous le nom de Ferrer en 1963, accompagné par Jacques Loussier. 

 


En dépit de la faillite du label, "Un an d'amour (C'est irréparable)" connaît un succès inattendu hors de France (Liban, Turquie, Egypte) qui le conduit à enregistrer une version Italienne, en 1964, une des meilleures ventes de 1965 en Italie.

C'est en fait par les reprises dont celle de Dalida, que le titre fait son retour en France, comme  pour son deuxième EP, "Pour oublier qu'on s'est aimé" repris par Nicoletta. 

Barclay vient le chercher pour son label Rivira en 1964, et sort son troisième EP, "Promesse tenue". 

 

Aucun succès, menacé de rupture de contrat, il crée pour son producteur Léo Missir qui vient de perdre son chien, improvisant le titre "Mirza". 

Le 45 tours enregistré est un franc succès surtout après son passage télévisé en décembre 1965. 


Le show biz le catalogue chanteur rigolo et matraque les suivants "Les cornichons", "le telefon", au grand dam de son auteur qui trouve ces titres musicalement et techniquement épouvantables. 

Il essaye pourtant de transposer en français la soul et le rhythm and blues, comme dans "Oh ! Hé ! Hein ! Bon !"de 66. 

Mais les titres sérieux sont négligés.

Il réussit à enregistrer "Enregistrement Public" en 66,  avec "Je veux être noir".


 

En 1968, le Yéyé perd de sa superbe au profit du rock progressif et de la chanson contestataire portée par le sulfureux moi de Mai. Il achète sa maison de Rueil-Malmaison et peu apprécié des voisins en raison de fréquentes fêtes y accroche la banderole "Ici je suis chez moi, je reçois des nègres, des putes, des juifs, des drogués et je vous emmerde". 

Il obtient son premier grand rôle dans un film "Un été sauvage"  où il chante "La rue Madureira".


 

En pause des tournées, il prend un virage musical plus radical dès les années 70 et se tourne vers le rock progressif qu'il a entendu lors de son long séjour en Italie. Il perd son côté commercial en dépit de deux magnifiques icebergs : La maison près de la fontaine en 71 , et Le Sud en 75.

Après une courte aventure avec Brigitte Bardot, il reprend d'anciens titres en Italien pour en revenant en France les transposer et les transformer  pour deux albums " Rats And Roll's" puis surtout le très conceptuel "Métronomy".

 

"Rats And Rolls" en 1970  

Enregistré en public au Teatro Sistina de Rome, il n'a été publié qu' à 1000 exemplaires, le titre "Povero Christo" étant interdit par le Vatican !

Le groupe est composé en dehors de Nino de Giorgio Giombolini (orgue), Santino Roccheti (guitare), Tassilo Burckard (batterie) et Albino Cimini( basse).

Il procède surtout sur un versant psychédélique avec de longues séquences improvisées sur un fond de blues et de petites touches latino. Le propos est clairement revendicateur chanté en Italien. Il y a aussi ce petit versant jazzy comme sur le sublime "Ol' man River". 



Presque tous les morceaux seront repris et améliorés sur "Métronomy".

 

"Métronomy" est conçu et enregistré entre mai et novembre 1971 au studio CBE et prend en pochette une toile de Claude Verlinde achetée en 70 par Nino.


Il s'entoure de Bernard Estardy (claviers), Giorgio Giombolini (orgue), Slim Pezin (guitare), Alan Reeves (claviers), Pierre Dutour (trompette), Jean Mandengué (basse), Lucien Dobat (batterie), Donald Rieubon (batterie), Sam Kelly (percussions). 

On entend l'influence des collages à la Doors ou Pink Floyd et des ballades psychédéliques aux traces jazzy. Cet album concept autour de la décadence de la société moderne est sans doute son oeuvre la plus sincère, la plus proche de lui. On devrait plus parler de musique fusion à la Zappa que de rock progressif, car l'art de Ferrer est bien de fusionner les genres en prenant les codes débutant de l'époque progressive avec cette longue suite sur la face A. 

Un lien groupé ?

 

Le disque est un échec compensé par la sortie en 72 du single "La maison près de la fontaine".

La suite demain.

Sorgual