vendredi 6 juin 2025

Hit improbable : David Mc Williams

The Days Of Pearly Spencer.

David Mc Williams est né en 1945 près de Belfast. 

 


Ce bon footballeur, qui a failli signer comme gardien de but,  a commencé à composer dès l' âge de 10 ans, jouant de la guitare et chantant. 

Repéré par Phil Solomon (ancien manager des Them), il le confie à son ami Dominic Behan pour peaufiner son style et ses compositions.

Son premier single chez CBS, "God And My Country" est un flop total. 


 

Cela n'empêche pas la réalisation de deux albums au petit succès d'estime. 

 

Mais en 1967 , dans ce deuxième album, "David Mc Williams Volume 2", il y a ce titre "Days Of Pearly Spencer"

Il sort en Face B du single "Harlem Lady" sous le nom "Days Of Pearly Spencer".

 


C'est l'histoire d'un sans abris , une ballade nostalgique rehaussée de cordes par Mike Leander qui aussi propose l'utilisation d'une voix déformée sur différentes pistes, mégaphone et surtout nombreuses prises par téléphone provenant d'endroits variés.

Le passage de la chanson sur la radio pirate "Radio Caroline" facilite sa diffusion, mais l'exclu en représailles de passage sur la BBC.

Les rééditions avec le passage en première face se fait sous le titre "The Days Of Pearly Spencer" 



 C'est donc par la presse et les radio que le titre devient un hit en France , Belgique, Hollande et Australie.

Mais ne sera jamais numéro 1 en Angleterre.

Le clip a été tourné à Utrecht. 

Les albums suivant passeront un peu inaperçu, même si David Bowie disait qu'il était un de ses compositeurs préférés.

Il meurt d'un infarctus en 2002 (56 ans).

On notera le succès de la reprise par Marc Almond , en 1992, rendue plus joyeuse de quelques vers supplémentaires. 


 

Je vous ropose en écoute les reprises par Rodolphe Burger et celle de Evans Lewis & Keren Ann. 

Mais je préfère cent fois la version originale.

Je crois bien que c'est cette pochette qui était passée à la maison :


 

  1. Days Of Peary Spencer / 1967 

Un petit lien  groupé ?

Sorgual 

jeudi 5 juin 2025

Bain de Sang

 Vampires en toute intimité

 

Cette comédie Néo Zelandaise de deux acteurs réalisateurs, Taika Waititi et Jemaine Clément, raconte l'histoire de quatre vampires en colocation à Wellington. 

 

Il sont filmés comme dans une téléréalité, expliquant leur vie perturbée par ce nouveau siècle, participer aux taches ménagères, faire les courses de nourriture, la gestion des amis humains, s'adapter à internet.

 

La version française est un must en raison du doublage décalé de Nicolas et Bruno, avec les voix de Fred Testot, Alexandre Astier, et Bruno Salomone.... dans le style de leurs faux spots commerciaux d'entreprise sur Canal Plus.

 

Un grand film d'humour noir (et rouge). 

 

Ecoutez la bande annonce

On est loin du premier, Nosferatu Le vampire" film muet de F.W. Murnau réalisé en 1922, inspiré du roman Dracula (1897) de Bram Stoker sans en avoir les droits ! (procès perdu mais film heureusement non détruit) ,  avec sa géniale esthétique.

Pas beaucoup de livres de vampires dans ma bibliothèque, sauf si l'on considère le génial livre de Richard Matheson paru en 1954  "Je Suis Une Légende" comme un livre assimilé à ce thème.


 

Il vit seul et reclus chez lui, barricadé, allant chercher la journée ce dont il a besoin dans une ville en apparence vide.

Robert Neville, ancien soldat, avait ét mordu par une chauve souris ce qui l'a immunisé contre le virus de la pandémie qui ronge le monde, rendant les victimes intolérantes au soleil, des êtres nocturnes, sauvages, cannibales. 

Grand et beau livre, à la morale terminale qui fait réfléchir.

De nombreuses adaptations au cinéma : mais bon ....

La première en 1964 "Je suis Une Légende" avec Vincent Price dans le rôle principal, surrané.


 La deuxième de meilleure qualité en 1971 sous le titre "Le Survivant " avec un Charlton Heston au summum de son art. Il a  vieilli dans le style, mais le début est grandiose.


 


La dernière, assez insipide, avec Will Smith en 2007 dans "Je Suis Une Légende" 


 

Et en musique, non pas de Vampire Weekend, trop facile et connu ...

Blood Red Shoes

Un peu de rock britannique en provenance de Brighton.


 

On retrouve Steven Ansell au chat et percussions et  Laura Mary Carter à la guitare et au chant.

Cet album est le premier en studio. 

Blood Red Shoes : Box Of Secrets  /  2008


  1. Doesn't Matter Much
  2. You Bring Me Down
  3. Try Harder
  4. Say Something, Say Anything 
  5. I Wish I Was Someone Better
  6. Take The Weight
  7. ADHD
  8. This Is Not For You
  9. It's Getting Boring By The Sea
  10. Forgive Nothing
  11. Hope You're Holding Up

Un petit lien ?

Sorgual 

mercredi 4 juin 2025

Renaissance Suédoise

Le Suédois est parfois là où on ne l'attend pas.

 


Mais que fait Anita Ekberg dans la Fontaine de Trevi ?

 

Scène iconique du cinéma mondial plus qu'Italien dans "La Dolce Vita" de Federico Fellini, Palme d'Or. du festival de Cannes 1960.

 

L'ancienne Miss Suède née en 1932 (morte en 2015) est choisie pour incarner Sylvia Rank.

J'avoue avoir comme tout le monde du mal à me souvenir d'elle dans d'autres scènes du film, tellement cette apparition de trois minutes est impactante. Il émane de cette sirène qui semble flotter une telle empathie de bonheur et de sensualité, un tel charisme, une affirmation de la féminité de la Madone.

C'est Pietro Ghirardi qui créa ce costume (Oscar du meilleur costume), cette longue robe noire en velours  avec des parements de soie blanche, avec ce bustier provocant en coeur aussi célèbre que le bustier de Madonna par Jean Paul Gaultier.

Un peu trop pour l'époque, le centre catholique du cinéma et le Vatican interdisent aux pratiquants d'aller voir le film !

 

Et nous on regrette seulement quand l'eau s'arrête de couler, que le charme  s'éteint, et que Mastroianni vient la rechercher.

Et Jay Jay Johanson ?

 

Jäje Johanson est né en 1968 en Suède.

Dire qu'il a commencé fan de hard rock et avait ensuite un groupe de punk ! Cela explique peut être cet épisode capillaire particulièrement désastreux.

 

Ensuite ce multi instrumentiste, compositeur depuis l'adolescence, découvrant le monde ouvert par les synthétiseurs et boîtes à rythme, quitte le monde du jazz dans lequel l'avait orienté les disques de son père. Dummy de Portishead est une révélation, un attrait naît alors pour ce style particulier. 

Il y a 25 ans il me surprenait déjà avec le presque parfait premier album d'un trip hop décalé, avec "Whiskey".

 

Depuis je le suis en pointillé.

Quinzième album studio,  et toujours cette voix douce et suave, qui éclaire un trip hop ouaté, avec des digressions éveillantes par des percussions surprenantes ou des touches électro, sur sa voix de crooner.

Et là , attention c'est magique, cet album est addictif.

Un petit bon pour la Pop Suédoise,  un grand saut pour le Trip Hop Baroque.


 

Déjà "Trompe L' Oeil",  ce presque A Cappella, car le chant efface le reste, sur cette marche initiale juste rendue nerveuse par les percussions et ce changement de rythme terminal. 

"Bacstage" en ballade mélancolique est enveloppant, une sucrerie parfaitement dosée.

Digression jazzy avec "Ten Little Minutes", rapidement déformé par le groove (la patte du producteur Alex Gopher ?), un faux slow dans la salle presque vide. 

"Rimbaud ": tout en français et tout en poésie dans une rythmique lourde sortie d'un Drum N' Bass.

"How Long Do You Think We're Gonna Last ?", nous invite au repos, à la méditation, une douce psychanalyse. 

"The Caretaker" est un rappel de ses anciens albums du début, cette histoire qui se déroule sur une conversation d'allure désabusée.

"Together Again" renvoie dans les limbes, dans un conte de fées.

"Glue" tranche avec son intro cabaret jazz et remet un peu de jus dans l'album.

"We've Only Just Begun" retrouve une ambiance trip hop au fragile beat électro.

"Lujon" freine et nous fait entrer dans une musique de film, un film noir avec une belle créature dangereuse qui danse devant nous (reprise d'un titre de Henri Mancini).

"Ashtray" avec son son étouffé sorti d'une église  embrumée prépare au final en beauté avec "The Thunder Continues To Rumble", qui sent la colère mais contenue, retenue enfermée.

 Jay Jay Johanson : Backstage / 2025


  1. Trompe L' Oeil
  2. Backstage
  3. Ten Last Minutes
  4. Rimbaud
  5. How Long Do You Think We're Gonna Last ?
  6. The Caretaker
  7. Together Again
  8. Glue
  9. We've Only Just Begun
  10. Lujon
  11. Ashtray
  12.  The Thunder Continues To Rumble

Un petit lien ?

Sorgual


mardi 3 juin 2025

Morcheebad ?

Panne d'inspiration où défaut d'écouteur ? 

Morcheeba : Escape The Chaos / 2025

 

Le dernier Morcheeba dont je me réjouissais de sa sortie, en grand fan du groupe depuis ses débuts, m'a totalement déçu.

Une suite de morceaux tous identiques, lisses, sans âme, juste avec une recette dont la mayonnaise ne semble plus prendre chez moi.

Pourtant la production est parfaite, le son léché, la voix de Sky Edwards toujours lumineuse, la conception habituelle des morceaux parfaitement alignés pour le groupe. 

 

Les critiques que j'ai lu semblaient toutes plutôt convaincues, citant même un renouveau.

Faites vous votre opinion.

J'ai donc forcé l'écoute plusieurs fois, toujours avec une morne satisfaction ;  mhouai !!?. sans plus.

En fait en relisant mon disque dur et mes écoutes, le charme est rompu depuis un bout de temps, le meilleur restant celui "à la pochette moche", le premier (Who can you trust  ? / 1996) dont j'avais parlé dans un article chez Jimmy en 2013 pour un Grand Jeu des Blogueurs Mangeurs de Disques sur le thème "Pochette hideuse, mais artiste génial".

 

Alors je préfère reparler du dernier album que j'ai apprécié et vraiment écouté avec plaisir.

C'était le retour de Sky Edwards qui avait claqué la porte le temps de deux albums solos ( Keeping Secrets en 2009 et  Mind How You en 2006) dont je vais bientôt reparler.

On retrouve le Morcheeba des débuts, sans originalité majeure, mais une sensation d'homogénéité qui ne me gêne pas. Une musique down tempo, nappes de synthétiseur, voix claire et onirique, de petits dérapages hip hop. Un album très "cinématographique".

Pas de grande différence entre ces deux albums et pourtant j'aime l'un et pas l'autre. L'ancrage du souvenir ne semble pas suffisant comme explication.

Ma capacité d'analyse et d'auto critique ne va pas plus loin, me manquent peut être "les bases" comme dit Pascal quand il parle de Solfège. Moi je ressens juste une alchimie où pas. L'usure du temps ? Ma propre usure face à un style qui a trente ans ?

Morcheeba : Blood Like Lemonade  / 2010


 

  1. Crimson
  2. Even Though
  3. Blood Like Lemonade
  4. Mandala
  5. I Am The Spring
  6. Recipe For Disaster
  7. Easier Said Than Done 
  8. Cut To The Chase
  9. Self Made Man
  10. Beat Of The Drum
  11. Straight Ahead

Un petit lien  pour deux albums ?

Sorgual

 

lundi 2 juin 2025

Poupées et Monstres

 Abraham Merritt :

 

Né en 1884 dans le New Jersey, ce journaliste pour passer le temps écrivait des nouvelles et des romans de science fiction, marquées par leur style ampoulé et descriptif, leur caractère lyrique, mystique ou sulfureux. 

C'est joliment suranné. 

C'est l'auteur de référence pour son suiveur HP Lovecraft. 

Il  est mort à 59 ans en 1943.


 

J'ai aimé lire surtout  :

  • Le Gouffre De La Lune
  • La Nef D'Ishtar
  • Sept Pas Vers Satan
  • Le Visage Dans L' Abîme
  • Brûle Sorcière Brûle

 

C'est au cinéma de minuit du dimanche soir que j'ai absorbé de nombreux films cultes où de série B, débutant ma culture cinématographique avec beaucoup de noir et blanc, voire de muet.

 

J'y ait découvert les étonnants films de Tod Browning.


 Né en 1880 à Louisville, il quitte sa famille à 18 ans , suivant une troupe de saltimbanques, tournant avec leur cirque dans toute l'Amérique. 

Acteur de théâtre, il est présenté au réalisateur D.W. Griffith qui l'engage pour deux films à Los Angeles en 1913. Il commence à réaliser ses propres films en 1915.

Thalberg, directeur d'Universal Studio, lui présente son futur acteur fétiche, fils de sourds muets, Lon Chaney, capable d'impressionnantes grimaces et transformations, pouvant même volontairement se luxer l'articulation pour son personnage.

Alcoolique, toujours obsédé par le mal, l'infirmité et les mondes macabres, les polars glauques, il rencontre à la mort de Chaney (1930) Bela Lugosi qui l'accompagne vers le parlant avec "Dracula" en 1931. 

 

Mais le sommet mal compris par la critique est obtenu avec "Freaks" en 1932 (La Monstrueuse Parade en France) et son univers si particulier et attachant de monstres de cirque.


 

 


Tod Browning en 1936 signe "Les Poupées Du Diable". avant dernier de ses films (Il meurt en 1962).


 

Deux hommes s'évadent du bagne de l'île du diable, un innocent banquier Paul Lavond et un savant fou Marcel, et rejoignent Malita la femme handicapée de Marcel qui a poursuivi pendant sa captivité les recherches de miniaturisation des êtres vivants.

Il y a une collection de micro chiens, au cerveau endommagé, contrôlés seulement par leurs "créateurs".

Paul surprend le couple en train de miniaturiser leur servante Lachna.

Mais Marcel fait une fatale crise cardiaque et Paul prends les rennes, et imagine sa vengeance ... 


 

L'adaptation du livre de Merritt "Brûle Sorcière Brûle" est parfaite.
 
Et en musique ? 
    Witch
 

 
 Witch est un délicieux groupe de Zamrock, actif de 1972 à 1984. 
 

 
Formé autour du chanteur Emanuel Jagari Chanda a la faveur de la liberté retrouvée à l'indépendance, il sombre après deux albums quand l'économie du pays vacille et que le groupe initial se disloque.
 
J'aime bien le"gras" du deuxième album aux guitares saturées ou funk et la voix décalée, acide, et le fond de percussions tribales. Atypique.
 
Une reformation et un album "Zango" en  2023 ne m'auront pas convaincu.
 
Witch : Lazy Bones !! / 1975
 

 

  1. Black Tears
  2. Motherless Child
  3. Tooth Factory
  4. Strange Dream
  5. Look Out
  6. Havoc
  7. October Night
  8. Off My Boots
  9. Lazy Bones
  10. Little Clown
 
Sorgual


dimanche 1 juin 2025

Encore avec les mains

 

Rock d'à Côté : Episode 2

Poursuite de 'exploration du rock italien, avec un groupe de Pavie, classé proto rock progressif, c'est à dire surtout avec une base de rock psychédélique. Je vous recommande une rafraîchissante écoute équipés avec votre chemise à fleurs et votre pantalon pattes d'éléphant., bien calé dans le canapé orange, en buvant un Spritz.

I Numi est formé à Pavie en 1967 sur les décombres de plusieurs groupes de Beat Music.

 En 1970 le groupe est profondément remanié

On retrouve

  • Roberto Tava  : guitare et chant
  • Mario Rognoni : guitare et chant 
  • Beppe Tiranzoni  : claviers et chant
  • Paolo Buccelli : basse et chant 
  • Furio Sollazzi : batterie, tambour et percussions
  • Paolo Fabbri est invité au saxophone et à la flûte

Le guitariste Mario Rognoni  est surnommé "Carlos" car il adore jouer dans le style de Carlos Santana.

 

 

Ils ont la chance de se voir offrir des compositions par Guido Bolzoni qui chante sur le premier titre de l'album, signé par le label Polaris dirigé par Bruno Pallesi, suite à un live du groupe au Napoleon Club de Lodi vu par le clavieriste Mario Battaini, ami de Pallesi.

Ce sera leur premier et seul album réalisé en 1971.

"Alpha Rapha Boulevard" est un bel et bon exemple de naissance du rock progressif italien avec cette atmosphère qui fait penser au Floyd de Meedle, ces changements de rythme et de style, et l'exotisme de cette voix italienne. 

J'aime bien les claviers vintage et le wah wah de la guitare sur "San Miguel".

La ballade "La Nueva Eta" tranche un peu, plus pop, mais avec de beaux breaks, dommage que la voix soit "écrasée".

Retour à un superbe morceau planant "Luce E Gloria Per Te" avec ses petites pointes "Emersoniennes" d'orgue sur un tempo délicieusement lent.

"Furma Materiae Progredientis" ne survit que par la flûte dans un pur style "Jethro Tull", dispensable. 

"325" est une belle surprise avec un beau crooner au chant possédé de pure pop italienne.

On termine avec un surprenant rock de style Celentano avec "Alpha Rapha Reprise" qui n'a rien à voir avec le morceau inaugural.

Le groupe splite l'année de la sortie du disque.

 

Une reformation partielle ultérieure ne donnera pas grand chose. 

I Numi : Alpha Rapha Boulevard / 1971

 

  1. Alpha Rapha Boulevard
  2. San Miguel
  3. La Nueva Eta 
  4. Luce E gloria Per te
  5. Furma Meteriae Progredientis
  6. 325
  7. Alpha Rapha Reprise

Un petit lien ?

Sorgual