Le Suédois est parfois là où on ne l'attend pas.
Mais que fait
Anita Ekberg dans la
Fontaine de Trevi ?
Scène iconique du cinéma mondial plus qu'Italien dans "La Dolce Vita" de Federico Fellini, Palme d'Or. du festival de Cannes 1960.
L'ancienne Miss Suède née en 1932 (morte en 2015) est choisie pour incarner Sylvia Rank.
J'avoue avoir comme tout le monde du mal à me souvenir d'elle dans d'autres scènes du film, tellement cette apparition de trois minutes est impactante. Il émane de cette sirène qui semble flotter une telle empathie de bonheur et de sensualité, un tel charisme, une affirmation de la féminité de la Madone.

C'est Pietro Ghirardi qui créa ce costume (Oscar du meilleur costume), cette longue robe noire en velours avec des parements de soie blanche, avec ce bustier provocant en coeur aussi célèbre que le bustier de Madonna par Jean Paul Gaultier.
Un peu trop pour l'époque, le centre catholique du cinéma et le Vatican interdisent aux pratiquants d'aller voir le film !
Et nous on regrette seulement quand l'eau s'arrête de couler, que le charme s'éteint, et que Mastroianni vient la rechercher.
Et Jay Jay Johanson ?
Jäje Johanson est né en 1968 en Suède.
Dire qu'il a commencé fan de hard rock et avait ensuite un groupe de punk ! Cela explique peut être cet épisode capillaire particulièrement désastreux.
Ensuite ce multi instrumentiste, compositeur depuis l'adolescence, découvrant le monde ouvert par les synthétiseurs et boîtes à rythme, quitte le monde du jazz dans lequel l'avait orienté les disques de son père. Dummy de Portishead est une révélation, un attrait naît alors pour ce style particulier.
Il y a 25 ans il me surprenait déjà avec le presque parfait premier album d'un trip hop décalé, avec "Whiskey".
Depuis je le suis en pointillé.
Quinzième album studio, et toujours cette voix douce et suave, qui éclaire un trip hop ouaté, avec des digressions éveillantes par des percussions surprenantes ou des touches électro, sur sa voix de crooner.
Et là , attention c'est magique, cet album est addictif.
Un petit bon pour la Pop Suédoise, un grand saut pour le Trip Hop Baroque.
Déjà "Trompe L' Oeil", ce presque A Cappella, car le chant efface le reste, sur cette marche initiale juste rendue nerveuse par les percussions et ce changement de rythme terminal.
"Bacstage" en ballade mélancolique est enveloppant, une sucrerie parfaitement dosée.
Digression jazzy avec "Ten Little Minutes", rapidement déformé par le groove (la patte du producteur Alex Gopher ?), un faux slow dans la salle presque vide.
"Rimbaud ": tout en français et tout en poésie dans une rythmique lourde sortie d'un Drum N' Bass.
"How Long Do You Think We're Gonna Last ?", nous invite au repos, à la méditation, une douce psychanalyse.
"The Caretaker" est un rappel de ses anciens albums du début, cette histoire qui se déroule sur une conversation d'allure désabusée.
"Together Again" renvoie dans les limbes, dans un conte de fées.
"Glue" tranche avec son intro cabaret jazz et remet un peu de jus dans l'album.
"We've Only Just Begun" retrouve une ambiance trip hop au fragile beat électro.
"Lujon" freine et nous fait entrer dans une musique de film, un film noir avec une belle créature dangereuse qui danse devant nous (reprise d'un titre de Henri Mancini).
"Ashtray" avec son son étouffé sorti d'une église embrumée prépare au final en beauté avec "The Thunder Continues To Rumble", qui sent la colère mais contenue, retenue enfermée.
Jay Jay Johanson : Backstage / 2025
- Trompe L' Oeil
- Backstage
- Ten Last Minutes
- Rimbaud
- How Long Do You Think We're Gonna Last ?
- The Caretaker
- Together Again
- Glue
- We've Only Just Begun
- Lujon
- Ashtray
- The Thunder Continues To Rumble
Un petit lien ?
Sorgual